242 – COMMENT VA VOTRE PROSTATE?

Posted on février 10, 2012 par

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C’est aux hommes que je m’adresse aujourd’hui, avec un sujet qui les intéresse tous, puisque je vais parler de notre prostate…

Mon fils, les hommes ont quatre problèmes: les femmes, l'argent, la picole et la prostate

  Cette glande, grosse comme une noix, située autour de l’urètre, contient le liquide séminal. Il se trouve qu’avec l’âge la prostate a tendance à s’inflammer et à grossir. Dans certains cas cela peut générer un cancer qui représente un tiers des cancers chez l’homme. D’après les statistiques, le cancer de la prostate serait devenu la première cause de cancer chez les hommes. Il a été mis au point une technique de dépistage qui dose le taux de PSA, c’est à dire le taux, dans le sang, d’un antigène spécifique.

Dans un monde idéal un taux de PSA élevé serait la marque précoce d’un cancer débutant qu’il conviendrait de traiter. Dans le monde réel, un taux de PSA élevé est seulement un indice d’un cancer éventuel. Il faut donc poursuivre l’investigation à l’aide d’une biopsie qui n’est pas sans risque et grand inconfort. Les résultats de cette biopsie peuvent approximativement distinguer ceux qui ont effectivement un cancer de ceux qui n’en n’ont probablement pas. Hélas, l’incertitude s’amplifie lorsque le médecin se trouve incapable de faire la distinction, parmi  les cas de petits cancers, entre ceux qui sont potentiellement dangereux et ceux qui ne poseront jamais aucun problème, la vie durant. En effet, le cancer de la prostate se comporte très différemment d’un individu à l’autre. En outre, une étude américaine d’autopsie a démontré que les 3/4 des hommes de plus de 80 ans avaient un cancer de la prostate silencieux et sont morts de quelque chose d’autre !

Je pense que l'on devrait investir dans cette société

  Le dépistage a donc pour effet de mettre en évidence une grande quantité de cancers latents, en sommeil, et qui probablement ne se réveilleront jamais. Ces pseudos cancers seront néanmoins traités. Tout ceci serait sans gravité (sauf pour les caisses maladies) si les traitements étaient efficaces et sans effets secondaires. Or, la chirurgie est délicate et génère souvent une incontinence urinaire ou une impuissance, ou bien les deux! La radiothérapie  évite difficilement les lésions du rectum et de la vessie. Enfin, les traitements hormonaux ou la chimiothérapie entrainent prise de poids, impuissance, bouffées de chaleur, perte osseuse et toxicité hépatique. Le tableau n’est pas réjouissant.

   Les autorités Américaines, qui sont toujours plus promptes que les Européens pour tirer les leçons de la réalité, ont déjà pris des mesures pragmatiques. Le Service de Prévention recommande aux hommes de ne plus se faire doser le taux de PSA et le National Institute of Health a déclaré qu’une « active surveillance devient une option viable et doit être offerte aux patients avec un faible risque de cancer de la prostate ». Le NIH s’appuie sur une étude canadienne au long-cours qui a indiqué que le taux de mortalité des hommes sous « actives surveillances » et non traités est de 1% sur 10 ans. A opposer à O.5% de risque de mourir des complications du traitement dans un délai d’un mois ! C’est à vous de choisir entre des dommages presque certains et… un bénéfice incertain !Des chercheurs européens ont mis en évidence que, pour sauver une vie du cancer de la prostate, il fallait dépister 1400 hommes et en traiter 48. Ce qui revient à dire que 47 hommes ont suivi un traitement inutile et couteux accompagné de son lot d’effets secondaires sérieux. Avis aux amateurs ! En conclusion de tout cela, des études comparatives ont montré qu’il n’y a pas de différence dans le taux de mortalité entre ceux qui ont été soumis à un dépistage et ceux qui n’ont pas subi ce test.

Honnêtement, s'il existait un examen virtuel de la prostate, ne croyez-vous pas que je voudrais être le premier à le savoir?

 En conclusion, en cas de PSA élevé, il convient de demander « une surveillance active » avec une intention de traiter ultérieurement et éventuellement, si et -seulement si- le cancer est avéré et progresse. Ne jamais oublier l’argument privilégié du corps médical pour nous influencer : LA PEUR !

P.S. Si vous voulez savoir ce que jamais votre médecin ne vous dira, c’est-à-dire comment éviter au mieux le risque de cancer de la prostate, restez à l’écoute. Cela sera le sujet de la semaine prochaine…

Cette présente chronique fait la synthèse d’un article publié dans Scientific American en Février 2012 par le Dr Marc Garnick, expert du cancer de la prostate à la Harvard Medical School et intitulé : « Le grand débat sur le cancer de la prostate »

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