Liberté de ton, Liberté d'opinion
souvent oublié, que nous ne faisons qu’un avec la nature, en interaction totale avec elle, comme dans une sorte de fusion et d’osmose. D’une certaine manière on peut dire que le père spirituel de l’écopsychologie est Carl Gustav Jung dont le fondement de la pensée rattache l’humain à l’ensemble du monde vivant, à la totalité de la Terre-mère et à tout l’univers cosmique dont chacun de nous est une pièce non autonome dans cette immensité. Sa notion si fondamentale d’inconscient collectif et d’archétype nous rattache à tous les peuples de la Terre, depuis la nuit des temps, à leurs peurs, à leurs rêves et à leurs visions : « Ne sommes-nous pas dépositaires de toute l’histoire de l’humanité ?… Lorsqu’un homme atteint la cinquantaine, une partie de lui seulement n’a vécu qu’un demi siècle. L’autre partie, qui vit aussi dans sa psyché, est vieille de millions d’années… L’homme contemporain n’est que le dernier fruit mûr de l’arbre de la race humaine ».
Notre identité a donc une partie de ses racines au-delà de notre conscience, plantées dans des territoires très lointains dans l’espace et dans le temps. « L’inconscient collectif est l’aspect préconscient des choses au plan animal ou instinctif de la psyché. C’est ce que Jung appelle l’homme archaïque », avance Michel Maxime Egger dans son très beau livre intitulé « Soigner l’esprit, guérir la Terre ». Nous sommes donc davantage habités par des archétypes, par des images primordiales et symboliques qui s’expriment par les rêves, les légendes et les mythes, que par une raison froide et logique.
Les maux innombrables dont souffre notre planète sont assez connus de tous, mais nous sommes déjà trop étrangers en son sein pour être capables d’agir et de la protéger. Le grand reproche que l’on peut faire à la psychologie traditionnelle, c’est de n’avoir pas pris en compte le rôle de cette rupture sur nos propres maux psychiques. Comment ne pas partager cette affirmation de Michel Egger lorsqu’il écrit : « Les maladies de la psyché ne sont pas étrangères à la crise écologique et les maux de la Terre sont sources de troubles psychologiques ». Il n’est que de se promener dans les mégapoles modernes pour constater l’ampleur de ces troubles psychiques, devenus presque une normalité ! Dans ce contexte, le projet de l’écopsychologie n’est rien moins que de soigner dans le même temps l’Homme et la Nature, tant ils sont imbriqués : il s’agit d’une révolution de la pensée.
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