Liberté de ton, Liberté d'opinion
La conséquence de cette main mise de l’Etat sur l’essentiel des ressources d’un pays conduit à une sorte d’administration et d’organisation militaire dans laquelle les citoyens sont contrôlés dans chacune de leur activité et se ressentent comme dans un carcan dans lequel ils ne sont pas à l’aise. Les humains aiment bien vivre en groupe, mais n’aiment ni les ordres trop impératifs ni les contraintes trop fortes. C’est ainsi que l’Etat est amené progressivement à durcir les règles et les obligations, puis à devenir plus coercitif afin que le peuple reste dans le droit chemin au bout duquel il est sensé trouver le bonheur. Par nature, et comme dans l’armée, le socialisme n’aime pas les réfractaires, les originaux, les élites, les empêcheurs de penser en rond et les contestataires. Pour se perpétuer, les régimes socialistes doivent fermer leur frontière et se mettre à l’abri des idées nouvelles, toujours subversives, et de la concurrence commerciale.
Par contre, le socialisme paraît tout à fait inadapté et contre productif dans les pays développés où les réseaux économiques sont complexes et dont l’économie repose sur l’innovation, la compétitivité et la concurrence. Le libéralisme apparaît alors beaucoup plus performant pour assurer le dynamisme économique et pour accroitre la richesse des citoyens. Le fondement du libéralisme est à la fois la liberté d’entreprendre, l’ouverture à l’innovation et à la concurrence. Ces ingrédients sont de puissants moteurs pour stimuler le progrès. Le libéralisme, comme toutes les activités humaines, a naturellement besoin d’être encadré et réglementé. Le grand économiste libéral Friedrich Hayek l’exprimait ainsi : « Un système compétitif efficace nécessite tout autant qu’un autre une armature juridique intelligemment conçue et constamment adaptée ».
Les choix sont simples : soit les pays d’Europe du Sud, encore englués dans le socialisme, trouvent la lucidité nécessaire pour en sortir et pourront espérer rejoindre le peloton, soit ils persistent dans le socialisme chronique et devront accepter le déclin. Ils commenceront par quitter l’Euro, car ils ne pourront pas en assumer les contraintes, puis ils fermeront leur frontière à la concurrence car ils auront perdu leur compétitivité. Ils seront mûrs alors pour accepter un régime autoritaire avec tous les risques inhérents. Le socialisme, cette voie qu’Hayek a défini comme étant « la route vers la servitude ». Cet avertissement vaut pour l’ensemble des pays européens du sud : Italie, France, Espagne, Portugal, et Grèce. De Tocqueville prophétisait déjà en ces termes : « La démocratie veut l’égalité dans la liberté et le socialisme veut l’égalité dans la gène et dans la servitude ».