933 – LA VIE EST MAGIQUE

La vie est puissante et forte, elle prolifère partout sur la planète, en une infinité de moyens et par des voies diverses. Pourquoi l’humanité semble désormais s’acharner à détruire la nature et à mépriser la vie pour soi-disant améliorer son confort ? Est-ce le symbole de la perversité de l’humanité ?

Le mythe du paradis terrestre a traversé toutes les cultures et demeure comme un rêve que nous partageons tous. Néanmoins, nous poursuivons notre œuvre de destruction et nos civilisations s’éloignent chaque jour un peu plus de cette nature pourtant si fascinante et réparatrice…

L’intelligence de la nature

Dès que l’on vit intimement au contact de la nature vivante, on est fasciné à la fois par sa beauté et par son intelligence. Prenez le temps de regarder de près une simple graine, une graine d’eucalyptus par exemple. C’est une belle et délicate amphore, fermée d’un couvercle en forme de croix de malte, qui contient les précieuses graines. Elle semble avoir été sculptée par un artiste…

Ces minuscules graines vont se répandre au vent et un jour, à l’occasion d’une pluie d’automne, elles vont germer. Un arbre va sortir de terre et deviendra un arbre énorme et majestueux aux senteurs entêtantes… Bien sûr, cette histoire nous semble banale car elle se répète des millions de fois, tous les jours, dans le monde vivant ; mais en fait elle est extraordinairement merveilleuse, un miracle permanent de la nature.

Il y a tant d’ingéniosité et de créativité dans la nature que je ne parviens pas à admettre qu’elles seraient la conséquence unique du « hasard et de la nécessité » selon l’expression, à mon avis malvenu, de Jacques Monod. Le métabolisme de la moindre cellule est d’une telle complexité et d’un équilibre aussi improbable que parfait, comment imaginer que cela soit le fruit du hasard et du seul choc entre les molécules ?

Comment peut-on être blasé, comment peut-on avoir le temps de s’ennuyer dans un environnement aussi fascinant ? Je crois que seuls les habitants des villes peuvent s’ennuyer car ils sont coupés de ce qui nous nourrit dans tous les sens du terme. Je pense même que la nature est thérapeutique, elle nous reconnecte avec qui nous sommes vraiment. Beaucoup des maux de nos sociétés, essentiellement urbaines, proviennent de ce que nous avons oublié qui nous sommes, fils de la terre et de l’eau…

La violence grandissante qui caractérise les sociétés modernes est en partie le fruit de cette coupure avec la nature, c’est-à-dire avec la vie. Un retour à la terre conviendrait peut-être comme thérapie à une jeunesse désœuvrée et violente ? Elle y puiserait sans doute un regain d’énergie pour mieux aimer la vie…

La vie est sans idéologie

La vie est dominée par la sélection naturelle, ce qui n’est pas la loi du plus fort, mais l’avantage attribué au plus adapté. Autrement la vie se perfectionne selon un long processus basé essentiellement sur l’efficacité, c’est-à-dire sur une amélioration lente du processus vital et une recherche permanente d’un équilibre instable et précaire. En ce sens, la vie est sans pitié, sans idéologie et sans morale, elle déroule son processus sans état d’âme et sans remord.

La vie est têtue et obstinée, la vie est orgueilleuse, mais la vie est aussi altruiste à sa manière puisque la survie de l’espèce prime toujours sur la survie des individus et c’est pour cette raison que la vie a pu se déployer sur terre…

Les débuts de l’humanité sont intimement liés à cette nature dans laquelle nous étions immergés. Nous avons respecté cette terre nourricière et, au fil des générations, nous l’avons façonnée selon nos besoins. Nous avons trié et sélectionné les espèces végétales et animales pour les améliorer et faire de notre environnement une sorte de paradis terrestre où nous aurions pu continuer à vivre heureux…

L’humanité hors de contrôle

Mais l’humanité a prospéré et fut la seule espèce dont le projet fut de non seulement maitriser la nature, mais de l’asservir. Elle conquit le moindre recoin de la planète pour domestiquer la nature. Elle devint la plus grande menace pour l’équilibre de la nature en générant une pollution chimique et électromagnétique qui modifie l’environnement.

Puis, nous avons commencé à expérimenter et à bricoler les lois de la nature pour en modifier le destin. L’humanité a alors perdu son bon sens, elle est devenue un danger pour elle-même. Elle a proliféré sans limite, puis elle s’est regroupée dans des villes de plus en plus tentaculaires dans lesquelles elle a perdu le contact avec les lois naturelles.

D’un côté, l’humanité a proliféré au-delà du raisonnable, en étant incapable de gérer ses propres déchets qui envahissent désormais la terre et intoxiquent l’environnement et, de l’autre, elle persiste à vouloir repousser sans cesse les limites de la mort jusqu’à maintenir en vie, de façon artificielle, des vieillards moribonds.

Coupés de leur environnement naturel, et retranchés dans leurs laboratoires ultrasophistiqués, les humains les plus progressistes envisagent de réaliser le surhomme et l’homme augmenté, un mélange de manipulation génétique et d’intelligence artificielle. Certains rêvent même d’une humanité artificielle, robotisée, pour ne pas dire lobotomisée… Tout cela n’est pas très poétique !

Le mépris de la vie

C’est ainsi que l’humanité fausse les lois de la nature en croyant honorer la vie. Elle renonce progressivement à faire des enfants mais, étrange paradoxe, elle dépense l’essentiel de son énergie à lutter contre la mort de personnes grabataires. Elle permet aussi la reproduction d’individus porteurs de tares génétiques, ce qui est contraire aux lois de la sélection naturelle. Sous le couvert d’une idéologie morale, l’humanité moderne est en fait terrifiée par la mort, ce qui n’est pas servir la vie. C’est en ce sens que l’humanité est devenue une espèce à part qui méprise la vie…

L’indice de fécondité des pays les plus avancés du point de vue technologique ne permet pas le renouvellement des générations. Il y a donc bien une relation entre la modernité et la peur de la vie. Sous des prétextes divers, beaucoup de jeunes aujourd’hui ont peur de faire des enfants, comme si l’incertitude et la complexité de la vie, qui font toute sa richesse, les effrayaient.

Il y a, dans cette attitude, une sorte de replis sur soi égoïste. Une jeune fille de 20 ans m’affirmait récemment qu’elle n’aurait jamais d’enfant car elle ne voulait pas déformer son corps ! Paroles immatures, sans doute, mais qui sont symboliques d’une époque. Nous verrons demain des femmes esclaves qui, dans les pays pauvres, porteront dans leurs ventres les enfants des riches ! A cela s’ajoute toutes sortes de fantaisies sexuelles et d’accouplements, stériles par définition, dont le projet n’est pas de faire des enfants.

Rien n’arrivant par hasard, nous assistons dans le même temps à une augmentation en flèche de la stérilité, surtout masculine. Le nombre de spermatozoïdes est en moyenne 60% inférieur à ce qu’il était il y a seulement 40 ans. A cela il faut ajouter que près de 25% des jeunes hommes des pays industriels ont un taux de spermatozoïdes qui atteint seulement 15% de la norme !

On connait les coupables depuis longtemps : Bisphénols, phtalates, dioxines polychlorées, parabènes. Un nouveau coupable vient d’être montré du doigts par une étude anglo-danoise : le paracétamol, trop largement utilisé, et déjà responsable de graves stéatoses hépatiques. Certains d’entre-nous sont exposés à des doses 100 fois supérieurs aux doses limites tolérables ! C’est l’utilisation de ces substances par les femmes, durant la période périnatale, qui induirait plus tard la stérilité des garçons…

Malgré l’abondance des publications scientifiques sur le sujet, les pouvoirs politiques ne prennent aucune décision et les organisations écologiques restent très discrètes, ce qui prouve bien notre mépris collectif pour la vie. Plutôt que de défendre la vie, elles préfèrent militer pour les LGBTQ+ et autres folies, tel que le recours à l’avortement à des époques de plus en plus tardives lors de la gestation ! Tout est symbole…

Le tournant de 1950

Bricoler la vie, ce n’est pas l’honorer, c’est la pervertir. La vie n’a pas eu besoin de nous pour éclore et persévérer, elle est assez grande toute seule ! Nous devons nous poser des questions fondamentales sur les limites de nos interventions sur les processus vitaux. C’est sans doute au milieu du siècle passé que l’humanité a commencé à dérailler en voulant remplacer Dieu. C’est peut-être cette date que retiendront les historiens futurs lorsqu’ils retraceront le déclin de l’humanité…

Au cours des siècles, la nature avait été généreuse et l’humanité vivait en harmonie avec elle. Elle profitait de ses bienfaits et se protégeait de ses excès ou de ses caprices. On peut dire que les humains vivaient en osmose avec les autres espèces végétales et animales et ils les respectaient.

J’ai vécu le grand tournant, vers 1950, lorsque les paysans ont quitté leurs sabots et ont monté pour la première fois sur un tracteur. Leur force, soudain, était décuplée et de là-haut ils avaient une autre vision de leurs champs. Ils ont commencé à éventrer la terre, autre symbole, et ils avaient le sentiment de la dominer, de la maitriser, de l’asservir. Depuis cette époque, le paysan ne fait plus corps avec la nature, elle est à son service.

Vous connaissez la suite : la disparition des haies et des abris pour la faune, les engrais chimiques, les désherbants, les pesticides, la disparition des vers de terre, la disparition des insectes, la mort des oiseaux, toujours plus de chimie pour lutter contre les maladies, le cercle infernal. Les terres étaient polluées, l’eau des cours d’eau n’était plus potable et personne n’était en mesure d’arrêter la machinerie agro-industrielle… La science s’est mise au service de l’agriculteur.

Et puis, il y a eu l’augmentation vertigineuse du nombre de cancers et de maladies auto-immunes… C’est encore la chimie qui devait nous débarrasser de ces nouveaux fléaux ! Personne ne voulait faire le lien entre ces maladies et l’utilisation massive de produits chimiques artificiels dont nous ne connaissions rien de leurs effets biologiques ! Tout le monde nie l’évidence et la folie de l’humanité devient galopante. La science s’est mise au service du médecin…

Outre ces maladies graves, nous voici au seuil de la stérilité massive, rançon du progrès. Mais rien n’arrête un train fou. La peur panique de la mort et le mépris de la vie ont prévalu lors de la récente épidémie de covid durant laquelle on nous a proposé massivement un vaccin expérimental, dont on commence à voir les méfaits. Mais là encore les apôtres du progrès vont nier, malgré l’évidence, l’augmentation massive de certaines maladies cardiovasculaires, de morts subites, de certains cancers et d’avortements spontanés…

70 ans après le « Grand Tournant », nous voici confronter avec le mythe de Faust. L’humanité, avide de tout savoir et de dominer le monde, a conclu un pacte avec le diable. Elle a cru qu’elle pouvait manipuler la vie, la maitriser et la dominer. Elle risque d’accoucher de monstres. On peut espérer que l’humanité n’a pas encore totalement perdu son âme de poète et sa capacité d’émerveillement, face à une nature que nous devrions servir et non pas asservir. Les humains ont connu le paradis terrestre, ils ne devraient pas le transformer en enfer…

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3 commentaires

  1. Merci pour vos lettres pleines de bons sens et d’humanité.
    En les lisant, nous nous sentons moins seuls

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