1040 – LA DÉMOCRATIE DÉVOYÉE !

La démocratie n’est-elle, au mieux qu’une illusion et une belle idée utopique, au pire une technique de manipulation du peuple, assortie de promesses trompeuses et démagogiques ? Méfiez-vous des discours du loup !

Les peuples ne sont pas faciles à gouverner et aucun type de gouvernement n’est parfait. Selon certains, la démocratie serait le moins pire des systèmes en comparaison des autres, néanmoins elle est aussi vulnérable et appelée à être remplacée par un autre système, également provisoire…

République ou Empire ?

Il n’est pas besoin d’être un observateur politique extra-lucide pour constater que les démocraties occidentales vivent probablement leurs dernières décennies, minées d’une part par la démagogie et, d’autre part, sous les coups de butoirs de régimes plus autoritaires et plus performants.

Au regard de l’histoire, la démocratie est fugace et récente, mais elle a déjà fait l’objet de crises majeures et fut même, un temps, remplacée en Europe par des régimes autoritaires ou dictatoriaux. Aujourd’hui, les démocraties semblent saisies du même doute et risquent de retomber dans des crises cycliques et s’effacer provisoirement afin d’essayer autre chose.

Nous sommes naturellement tentés de comparer notre époque à la fin de la République Romaine, au premier siècle avant J.C., sombrant dans le chaos, les revendications des citoyens étant sans cesse plus importantes, tandis que les mœurs se relâchaient. Le pluralisme politique fut donc remplacé par la prise du pouvoir par César qui inaugura une période autoritaire qui déboucha sur l’Empire, avec le succès que l’on connait, durant plusieurs siècles !

C’est, tout du moins, la thèse de David Engels dans son ouvrage passionnant « Le Déclin, sur la route de l’Empire ». Il fait remarquer les analogies avec notre époque, à commencer par une démographie anémique qui faisait craindre la disparition de l’élite romaine. A cela, il faut ajouter son corollaire, une immigration économique importante de peuples porteurs d’une autre culture, avec le sentiment de perte d’identité pour les citoyens romains.

Autre analogie avec notre époque, l’individualisme et la recherche de l’épanouissement personnel, baisse de la pratique religieuse et banalisation de l’avortement… Ce délitement global menait de façon assez mécanique, à la dictature. Est-ce aujourd’hui un tel destin qui se dessine ?

D’autres historiens font davantage le parallèle entre notre époque et la fin de l’Empire Romain d’Occident, au IVème et Vème siècle, qui ne parvenait plus à maintenir ses frontières face à la poussée militaire des peuples barbares. La dislocation conduisit à une fragmentation de tout l’Occident et au retour régressif vers le féodalisme.

De façon analogique, sommes-nous à la fin de la République ou à la fin de l’Empire ? Je vous laisse le soin de proposer votre hypothèse personnelle…

Le concours des vaniteux

Cela fait presque trois-quarts de siècle que j’observe les hauts et les bas de nos démocraties et leurs soubresauts. Je note une lente et inexorable dérive vers la facilité et l’inflation des promesses électorales impossibles à tenir.

C’est ainsi que, au fil des élections, les citoyens sont de plus en plus désabusés et deviennent cyniques. Soit, ils sont résignés et se désintéressent de la politique, soit, sans espoir, ils votent systématiquement pour le changement, pour « une autre politique » qui ne vient jamais, soit encore ils se replient dans le ressentiment et la violence à chaque occasion qui se présente.

Autrement dit, la démocratie sombre dans son principal travers : la démagogie. Les élections deviennent un concours de vaniteux et le système démocratique devient une sélection des plus vaniteux, des plus vantards, des plus creux et finalement des plus incompétents… Nous en sommes là !

Pour être élu, il est indispensable de participer à la surenchère des promesses irréalisables, de promettre des décisions sur des sujets dont on n’a pas le pouvoir et d’offrir des cadeaux que l’on ne possède pas. C’est le chemin qu’empruntent les démocraties avant de s’effacer devant la dictature ou la chienlit…

Je crains qu’aujourd’hui, les citoyens soient tellement habitués à la facilité qu’ils sont incapables d’élire un gouvernement qui propose l’effort et la difficulté comme remèdes pour sortir de l’impasse démagogique.

La fuite en avant

Ce qui caractérise généralement un système prêt à s’effondrer, c’est la fuite en avant, la disparition des barrières, des contrôles et des limites. On utilise son va-tout, on jette ses dernières cartes, on mise le tout pour le tout, comme au poker, dans l’espoir d’un retournement de dernière minute.

Les régimes politiques en difficulté tentent de déplacer les problèmes internes vers l’extérieur. Ils manient la peur, l’arme des faibles, l’arme de destruction massive. La meilleure des peurs, c’est la peur de la guerre. Tout le monde est terrorisé et rentre dans le rang.

La guerre en Ukraine, préméditée par les occidentaux, va les conduire à la ruine, mais elle a pour avantage de détourner provisoirement les regards. C’est, en effet, une caractéristique des démocraties modernes que de prendre des décisions de court-terme, même si elles sont catastrophiques à long terme. On vise une législature, quelques années supplémentaires d’illusion suffisent aux gouvernants. Seuls les gouvernements autoritaires visent le long terme et c’est pourquoi ils finissent par gagner…

L’autre fuite en avant est financière. La démagogie coûte cher ! Même le dixième des promesses électorales peuvent ruiner un peuple… La dette est là, pour faire illusion provisoirement et honorer quelques promesses, surtout avant les élections.

Pour mieux illustrer le phénomène on nous parle du « mur de la dette ». Cela voudrait dire qu’il y a une limite à la dette et après c’est le crash ! La France, avec plus de mille cent milliards d’euros de dettes, est sans doute proche du crash. Le président Macron a sagement conclu qu’il valait mieux passer la main à d’autres et les laisser de dépatouiller avec le cadeau empoisonné d’une dette colossale… Ainsi va la démocratie, c’est toujours un autre qui subit les conséquences de notre incurie !

Cela n’empêche pas les prétendants à la succession de faire des promesses encore plus mirobolantes… Qui paiera nos dettes ? Nos enfants et petits-enfants ! Ils sont déjà ruinés avant d’entrer dans la vie active… Dans ces conditions, croyez-vous sincèrement que le système démocratique actuel peut perdurer encore longtemps?

Comment faire taire le peuple ?

Quoi qu’il en soit, la démocratie est de plus en plus une illusion et les citoyens sont manipulés et trompés en permanence par une oligarchie qui monopolisent les media d’information. Nous votons, mais nous ne sommes pas maitres de ceux que nous élisons. Nous votons, mais on ne nous demande pas notre avis. Nous votons pour des politiciens qui ne font pas ce pour quoi ils ont été élus.

« Comment faire taire le peuple », c’est le titre d’un livre récent de Ghislain Benhessa. « Les Français savent que la prise de décision leur échappe, confisquée par un assemblage composite et insaisissable. Marchés financiers, technocratie polyglotte, forum de Davos, comité d’experts, nébuleuse de juges : comme dans X-Files, la vérité est ailleurs, et la multiplicité des strates ne fait qu’alimenter le ressentiment et les théories du complot. Tout se dilue dans un embrouillamini indéchiffrable qui suscite au mieux l’abstention, au pire la détestation ».

Quand le peuple se sent ni écouté, ni représenté, il se révolte. La révolte suscite la répression et conduit à l’autorité, voire à l’excès d’autorité puis à la dictature… L’autre option, c’est le chaos. Est-ce la fin de la République ou la fin de l’Empire ?

Aux Français qui vont élire leurs prochains gouvernants, je livre ces vers de Jean de Lafontaine et leur conseille d’imiter le renard :

« Les grands pour la plupart, sont masques de théâtre :

Leur apparence impose au vulgaire idolâtre.

L’âne n’en sait juger que par ce qu’il en voit ;

Le Renard, au contraire, à fond les examine… »

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