Il existe de nombreux types de cancer, mais tous semblent avoir en commun un dérèglement métabolique qui serait assez facile à corriger par des moyens nutritionnels. J’ai souvent affirmé que 8 cancers sur dix pourraient être évités…
Ceux qui lisent mes chroniques savent que je suis assez critique vis-à-vis d’une certaine médecine qui se focalise sur les symptômes, c’est-à-dire sur les conséquences des maladies, mais rarement sur les causes !
Face au cancer, depuis plus d’un demi-siècle, cette médecine cherche par tous les moyens à éradiquer les cellules cancéreuses sans jamais se préoccuper de la genèse du cancer, comme s’il s’agissait d’une maladie énigmatique qui surviendrait au hasard, sans cause précise. Cette attitude de gribouille a recours à toutes les armes de destruction massive à sa disposition depuis la chirurgie jusqu’à la radiothérapie, en passant par la chimiothérapie.
Il est stérile de vouloir supprimer les cellules cancéreuses sans en connaitre la source et sans chercher à comprendre pourquoi, dans certaines situations, les cellules d’un organe prolifèrent de façon anarchique. C’est comme écoper l’eau d’un bateau sans chercher à boucher la fuite ! Dans ces conditions, il n’est donc pas étonnant que le cancer soit devenu la première cause de mortalité, avant les maladies cardiovasculaires.
Notons cependant que des progrès récents ont eut lieu dans les différents traitements du cancer. Lire à ce propos ma récente chronique N°1052 « Les traitements anticancéreux sortent du Moyen-âge »).
Les facilitateurs
Quand on ne connait pas l’origine d’une maladie, la facilité consiste à décréter qu’il s’agit d’une maladie génétique. La génétique devient désormais la boite noire qui contiendrait toutes nos ignorances… S’il est vrai que l’on observe, au sein des cellules cancéreuses, des modifications génétiques qui induisent la prolifération anarchique, ces altérations sont de l’ordre de l’épigénétique, c’est-à-dire sont provoquées principalement par l’environnement qui module l’effet des gènes.
C’est ainsi que furent découverts différents agents physiques ou chimiques susceptibles de favoriser le déclenchement d’un cancer. C’est le cas de l’amiante, de la fumée du tabac, de nombreux composés chimiques largement utilisés en agriculture, en pharmacie et dans la vie de tous les jours. C’est le cas aussi des radiations ionisantes qui, ironie de l’histoire, sont précisément utilisées… dans le traitement du cancer !
Par ailleurs, la piste infectieuse fut longuement explorée par la recherche médicale. En effet, divers virus et bactéries furent mis en évidence dans différents types de cancer, tel le cancer de l’estomac, du foie ou dans le lymphome de Burkitt dans la moelle osseuse. Si un germe accompagne 18% des cancers, il semble bien que l’agent infectieux favorise seulement le développement du cancer, il n’est qu’un agent facilitateur et non pas la cause princeps.
On sait aussi que le vieillissement est accompagné d’une augmentation du risque de cancer, de même que le diabète, l’obésité et l’inflammation chronique. Cela ne veut pas dire que ces facteurs soient des causes du cancer, ils ne sont que des facilitateurs.
Il existe donc bien divers agents extérieurs agressifs qui assurent la promotion du cancer et qui facilitent son développement, mais ne constituent pas l’agent causal fondamental, commun à tous les types de cancer. Pour donner un exemple, le bacille de Koch est l’agent causal fondamental de la tuberculose, mais une mauvaise alimentation et une mauvaise hygiène de vie sont des facteurs déterminants qui favorisent l’apparition de la maladie qui, sans eux, serait restée dormante.
L’effet Warburg
L’Effet Warburg est une fermentation sans oxygène qui favorise la production de lactate, acidifie le milieu cellulaire et favorise la prolifération…
On sait, depuis fort longtemps, que les cellules cancéreuses, quelles qu’elles soient, ont toutes une particularité métabolique. Pour produire de l’énergie, elles suivent une voie métabolique dénommée « fermentation anaérobie », qui consiste à consommer du sucre en absence d’oxygène, comme le fait la fermentation alcoolique.
On peut faire la remarque que, lors de la fermentation anaérobie, les cellules cancéreuses transforment le glucose en acide lactique, ce qui acidifie le milieu et procure peu d’énergie. Les cellules cancéreuses ont donc un très mauvais rendement énergétique qu’elles compensent par le nombre, c’est-à-dire en proliférant…
Les cellules normales poursuivent la combustion du glucose qui consiste à oxyder cette molécule avec l’oxygène respiratoire et la dégrader en gaz carbonique (CO2), au cours d’un processus complexe dénommé « cycle de Krebs », ce qui permet de générer une grande quantité d’énergie sous forme d’ATP.
Le comble, c’est que ce qui précède est connu depuis plus d’un siècle ! Le biochimiste allemand Otto Warburg décrivit ce processus en 1920 et c’est la raison pour laquelle il est connu sous la dénomination « d’effet Warburg ». « Résumée en quelques mots, la cause première du cancer est le remplacement à base d’oxygène dans les cellules normales par une fermentation du sucre. Toutes les cellules normales répondent à leurs besoins énergétiques par la respiration de l’oxygène, tandis que les cellules cancéreuses répondent en grande partie à leurs besoins énergétiques par la fermentation ».
Ce fait fondamental me fut délivré dans mes cours de biochimie dans les années 60 et j’ai ensuite fait ma thèse de biochimie sur la respiration des mitochondries et l’effet Warburg. Mais ces données semblent s’être perdues en cours de route, depuis cette lointaine époque. Il faut préciser que l’approche de Warburg permet d’entrevoir un traitement nutritionnel du cancer associé à une meilleure oxygénation des tissus avec des exercices physiques, toutes méthodes gratuites qui ne rapportent rien à personne… La chimiothérapie est nettement plus lucrative !
Les mitochondries
La forte appétence des cellules cancéreuses pour le glucose est mise à contribution dans la détection des cancers avec le désormais célèbre Pet-scan. La méthode consiste a injecter au patient du glucose radioactif qui sera préférentiellement utilisé par les cellules cancéreuses et les métastases, ce qui donnera lieu à une image précise de la localisation du cancer.
Si le cancer est avant tout une asphyxie des cellules qui doivent avoir recours à la fermentation pour survivre, il convient de tenter de rétablir le processus respiratoire à base d’oxygène. Pour cela, il faut agir à deux niveaux : d’une part, faciliter l’oxygénation des tissus par l’exercice physique et, d’autre part, faciliter l’utilisation de l’oxygène par le cycle de Krebs qui se déroule à l’intérieur des mitochondries dont le métabolisme doit être stimulé.
Le cœur de cible du traitement ou de la prévention du cancer se situe donc au niveau des mitochondries, organites situées à l’intérieur de nos milliards de cellules et dénommées de façon imagée, « centrales énergétiques », siège de la respiration cellulaire à travers du fameux cycle de Krebs.
Il semble donc bien que la cause fondamentale du cancer réside dans un dysfonctionnement métabolique au niveau des mitochondries. De façon plus large, il n’est pas exagéré d’affirmer qu’il n’existe pas de bonne santé sans un bon fonctionnement des mitochondries, qui sont aussi impliquées dans les maladies cardiovasculaires, le diabète ou l’obésité. Ce n’est donc pas un hasard si ces maladies génèrent une augmentation du risque cancéreux. De même, le vieillissement est accompagné d’un ralentissement du métabolisme des mitochondries et donc favorise l’émergence du cancer.
Le métabolisme mitochondrial est complexe et fragile. Nous verrons dans une prochaine chronique les différents compléments nutritionnels naturels qui peuvent stimuler le métabolisme oxydatif des mitochondries afin d’éloigner le risque cancéreux et de vieillir en bonne santé.
Les modifications nutritionnelles
Mais, avant toute chose, il convient d’adopter une alimentation saine et légère de type méditerranéen, à base de fruits et de légumes, de viandes maigres, de poisson, d’huile d’olive vierge. Ces aliments doivent être de préférence de culture biologique afin d’éviter la présence de substances chimiques qui perturbent le métabolisme et favorisent les maladies, dont le cancer.
Il est aussi très important de ne pas surcharger l’organisme afin de ne pas l’encrasser inutilement. Il faut éviter absolument l’excès de glucose qui nourrit les cellules cancéreuses, c’est-à-dire le pain blanc, les pommes de terre, les patates douces, les sucreries de toutes sortes, les viennoiseries, les sodas, la bière, etc…
Éviter les graisses saturées (beurre, graisses animales) et choisir des huiles de bonne qualité, olive pour la cuisine, et noix ou lin pour les salades. Pas de friture. Choisir des protéines animales ou végétales de bonne qualité : œufs, viande blanche, tofu. Peu de laitage ou de fromage. Éviter aussi les plats tout préparés souvent trop salés avec des ingrédients de mauvaise qualité et des conservateurs toxiques. (Relire la chronique intitulée « Prévenir ou guérir le cancer »).
Enfin, et si possible, pratiquez le jeûne alternatif qui consiste à ne faire que deux repas par jour et à laisser au moins 15 heures entre ces deux repas. Certains préfèreront sauter le petit-déjeuner, d’autres se passeront du diner. Ces périodes de jeûnes courts permettent à l’organisme de pratiquer l’autophagie, c’est-à-dire que le métabolisme est obligé de consommer les déchets accumulés dans les cellules (molécules dégradées, mitochondries endommagées, etc…). Il s’agit d’un nettoyage cellulaire quotidien et bénéfique. (1)
Tout ce qui précède sera accompagné d’exercices physiques quotidiens, adaptés suivant l’âge, afin de mieux oxygéner les tissus. Rappelons que le processus cancéreux correspond à une asphyxie des cellules, privées d’oxygène ou incapables de l’utiliser, et obligées d’avoir recours à la fermentation.
Pour conclure, je partage totalement le point de vue du Docteur Laurent Schwartz qui finit son dernier livre sur le cancer par cette remarque (2): « L’effet Warburg est présent dans toutes les maladies… L’inflammation et la vieillesse sont des facteurs de risque de nombreuses maladies comme la maladie d’Alzheimer et de Parkinson ou l’infarctus du myocarde. Ces pathologies partagent avec le cancer un point commun : l’effet Warburg ».
Il faut aussi préciser que cette approche qui permet de prévenir le cancer, pratiquement gratuitement, n’a pas d’avenir commercial ! Le Dr Schwartz fait ce terrible constat : « Les traitements hors de prix font d’excellents succès commerciaux ». N’oublions jamais que la santé est avant tout un big business…
(1) « Intermittent fasting: from calories to time restriction” – 2021; 43(3):1083-1092
(2) Dr Laurent Schwartz « Les clés du cancer». 2022