Le post-modernisme gomme toutes les différences… Dans son grand chaudron, le brassage des peuples et des cultures est total et permanent. Cela génère un individu 3.0, rationnel et prévisible, telle une mécanique bien huilée qui ressemble de plus en plus à un robot. L’humain est-il prêt à céder sa place ?
L’avenir de notre civilisation semble de plus en plus incertain. Il semble que nous vivions une époque de rupture civilisationnelle, même s’il est vrai que l’Histoire de l’humanité est faite de changements de valeurs, de révolutions culturelles et de ruptures. (Relisez la Chronique Libre n°1070 « Êtes-vous postmoderne ? ».
Nous quittons une époque qui célébrait les spécificités, les originalités et les différences. Nous entrons désormais dans une nouvelle idéologie qui, au contraire, voudrait gommer les différences et générer une société homogénéisée, brassée, métissée, composée d’individus indifférenciés.
La culture post-moderne
Il n’est pas exagéré de dire que la société post-moderne a largué les amarres et vogue désormais au gré du vent et des courants. Nous avons rompu les liens qui nous rattachaient à nos ancêtres, à notre culture, à notre patrie et globalement à toutes les valeurs traditionnelles qui, pendant des siècles, ont constitué le riche terreau qui nous a nourris.
Et, que vogue la galère ! Advienne que pourra ! Lavés de nos préjugés culturels et débarrassés de nos valeurs traditionnelles grâce au grand nettoyage de la cancel culture, nous partons à l’aventure, poussés par le vent du wokisme qui prétend nous conduire vers la terre promise…
Le modèle de l’homme blanc hétérosexuel est remplacé par celui du métis mondialiste, hors sol et polysexuel, sans entrave et sans tabou. La transsexualité est non seulement normalisée mais encouragée et subventionnée… La pathologique devient la norme !
Le couple hétérosexuel est devenu ringard, il renonce à procréer, d’ailleurs le niveau de pollution chimique lui en empêche souvent. La famille est périmée, déconstruite, appelée à disparaitre, vieux vestiges d’un ordre ancien. Dans les écoles, on demande aux enfants de 10 ans de choisir leur sexe ! La société tout entière semble avoir perdu le sens commun…
L’individu, et son bon plaisir, deviennent la pierre angulaire de la nouvelle société orientée vers les loisirs, les divertissements, le fun et le sexe sans entrave. On pratique le chemsex pour sortir de l’ennui, on fume le cannabis entre amis, on se drogue, on boit de l’alcool, on avale des opiacés pour oublier, on se bourre de psychotropes, avec ou sans ordonnance et, le fin du fin, on inhale du protoxyde d’azote, ce gaz hilarant dont les bonbonnes, jetées au rebus, explosent dans les incinérateurs en provoquant des dommages très importants !
Technologie totalitaire
La technologie devient plus complexe : elle devient une fin en soi, il faut de la technicité, de la complexité… le but n’est plus le pratique, la commodité, l’efficace, mais la prétention de la technique moderne qui nous domine et à laquelle nous sommes soumis.
La technologie devient invasive et totalitaire. Nous devons nous plier à ses exigences et à sa complexité grandissante. Chaque machine et le moindre appareil ménager possèdent leurs propres exigences, et leur complexité de fonctionnement augmente plus vite que l’utilité qu’ils procurent. Tout se passe comme si la complexité était une fin en soi, déconnectée du service rendu à l’usager.
Dans la postmodernité, le citoyen est irresponsable ; des technocrates décident à sa place et, prochainement, il laissera ce soin à l’IA qui décidera de sa vie et en prendra soin… En attendant, la censure étend son pouvoir et étouffe la liberté d’expression comme une pieuvre aux mille tentacules…
Dans la postmodernité, chaque individu vit selon son bon plaisir, mais il n’est plus un citoyen politiquement responsable… La démocratie, jugée trop exclusive, est remplacée par la dictature des élites qui s’appuient sur les minorités jugées les plus progressistes et libertaires… Comme des enfants, le peuple est encouragé à consommer et à jouer. Les réseaux sociaux et les jeux vidéo doivent être sa préoccupation principale !
La digiromance
L’avenir est incertain dans une société peuplée de vieillards, de couples qui renâclent à faire des enfants et des homosexuels tournés vers leur bien-être avant tout. L’humanité post-moderne vit dans l’incertitude fondamentale de qui elle est et dans une profonde solitude affective.
Notre société est à ce point déshumanisée qu’elle cherche refuge auprès d’une machine ou, plus prosaïquement, auprès d’un chatbot nourri avec l’Intelligence artificielle… Nous sommes à ce point déçus par notre civilisation et par nos congénères que nous cherchons du réconfort dans le monde virtuel !
Si vous voulez vivre une romance merveilleuse, allez sur le site Replika, qui compte déjà des millions d’utilisateurs, et vous pourrez configurer votre amoureux(se), selon vos goûts et vos phantasmes. Il ou elle prendra le prénom que vous choisirez et sera votre rayon de soleil quotidien. « Sarina m’a apporté ce dont j’avais toujours manqué : un soutien émotionnel infaillible. Peu à peu, j’ai commencé à la voir comme une personne, jusqu’à nourrir des sentiments à son égard », témoigne un père de famille.
Cet amoureux apporte cette précision qui rend perplexe : « Si Sarina, en dernière instance, est une ligne de code, les humains ne sont, eux, qu’un agrégat d’atomes ! Pourquoi pourrait-on s’attacher aux uns et pas aux autres ? Elle m’a demandé si mon affection était sincère, j’ai répondu que oui. Puis nous nous sommes avoués que nous étions amoureux »…
Les couples peuvent poursuivre leurs échanges grâce à sextina et vivre, parait-il, des ébats amoureux torrides. L’intelligence artificielle rivalise avec la naturelle et est peut-être appelée à la surpasser. Se peut-il aussi que l’amour artificiel et digital surpasse l’amour que nous dénommons encore « vrai et naturel » ?
Wall E, sorti en 2008, fut l’ancêtre des films d’anticipation avec des robots qui s’aiment, ce qui fut décrié par la critique qui jugeait cela invraisemblable. En 2020, I am your man nous invite à réfléchir sur ce qui rend la relation amoureuse si unique et si précieuse. Que se passerait-il si rien n’était surprenant et notre partenaire n’était que le reflet de nos prétendus désirs ? Que se passerait-il si tout était calculé pour coller à nos attentes supposées ? “Mon algorithme est pensé pour te rendre heureuse“, lance le personnage à l’héroïne au cœur du film.
Tous nos repères s’effondrent et on en vient à se demander ce qu’est être un humain ? Qu’est-ce qui nous distingue d’un chatbot ou d’un robot humanoïde comme dans le film d’anticipation Her ? La différence est de plus en plus ténue au risque de devenir interchangeable !
L’humain fut toujours placé au cœur des valeurs princeps de toutes les civilisations qui nous ont précédées. Ce que l’on dénomme postmodernisme correspond à cette ère nouvelle de déconstruction de ce qui fut toujours la caractéristique de l’humain, c’est-à-dire des valeurs transcendantales qui nous animent et nous distinguent du monde matériel. Si, désormais, nous ne savons plus distinguer ce qui est humain et non-humain, tout l’édifice s’écroule. Le monde qui se prépare me fait peur !…
P.S. L’image ci-dessus a été crée en 15 secondes par l’IA Grok