1096 – LE SCANDALE SANITAIRE ET POLITIQUE DE L’ACÉTAMIPRIDE

La pollution chimique est responsable de l’augmentation fulgurante de nombreuses maladies, y compris du cancer. Il est urgent de se révolter contre le laxisme des politiciens et le cynisme des influenceurs de l’agro-chimie. Il est désormais impossible de dire que l’on ne savait pas !

En France, après le vote honteux en faveur d’un néonicotinoïde réputé toxique, assistons-nous à un réveil démocratique ? Tout a commencé par la pétition d’Eléonore Pattery, étudiante en master de 23 ans, qui a suscité un engouement inédit. La loi « est une aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire » affirme-t-elle.

Son indignation a été reprise par Flore Breteau, une femme de 50 ans qui a ému la France, sous traitement d’un cancer du sein. Ces deux femmes ont réussi la performance de réveiller les citoyens endormis, prêts à subir les diktats anti-démocratiques de la classe politique.

Les scientifiques s’étaient émus de ce projet de loi dans une tribune signée par 22 sociétés savantes dans laquelle ils s’insurgent : « Parmi la cinquantaine de personnes auditionnées par les sénateurs avant l’examen de la loi, il n’y avait pas un seul médecin, pas un toxicologue, pas un représentant de l’Inserm, du CNRS, ou du ministère de la santé ».

Nous devons consulter la liste des députés qui ont voté cette loi et ne plus jamais voter pour eux, quel que soit leur parti politique ! Ils jouent avec notre santé, mais l’enjeu n’est ni de droite, ni de gauche, l’enjeu concerne toute la société et il est d’une gravité exceptionnelle.

Qu’est-ce que l’acétamipride ?

Il s’agit d’un insecticide organochloré, qui fait partie de la famille tristement célèbre des néonicotinoïdes, responsables de nombre de maladies et de dégâts considérables dans la faune aquatique et terrestre. Il pollue les terres, les eaux des rivières et les nappes phréatiques.

L’acétamipride était interdit en France depuis 2018, mais encore largement utilisé dans de nombreux pays, en pulvérisation sur les feuilles pour détruire les insectes, en provoquant des dommages neurologiques conduisant à la paralysie et à la mort. Détruire les insectes, c’est aussi détruire les abeilles essentielles pour la pollinisation et les oiseaux insectivores. Il est aussi à l’origine du déclin de nombreux escargots et des poissons.

Il est utilisé dans de nombreuses cultures de végétaux feuillus, arbres fruitiers, agrumes, vigne, betteraves, choux, colza, navets, etc…

Qui pourrait penser qu’un insecticide aussi puissant et toxique soit sans effet délétère chez les mammifères et les humains ? Mais aussi curieux que cela puisse paraitre, s’il existe diverses études démontrant la toxicité de l’acétamipride chez le rat, aucune étude n’a été entreprise chez l’homme ! C’est dire le mépris et la désinvolture des instances officielles à propos de la santé publique… Il convient aussi de préciser qu’il n’existe pratiquement pas d’études réalisées en Europe ou aux USA, comme s’il s’agissait d’un sujet tabou ! Les études les plus sérieuses proviennent d’Asie et principalement de Chine.

Pollution de l’environnement

L’acétamipride détruit les insectes, c’est-à-dire tous les types d’insectes, à commencer par les insectes pollinisateurs comme les abeilles. De nombreuses études ont amplement démontré les dégâts provoqués dans les ruches, aussi bien au niveau des larves, des travailleuses et des reines. (1)

Il s’agit de taux de mortalité et de modifications du comportement, provoqués par divers désordres métaboliques. Ces influences néfastes se portent aussi sur la composition vivante des sols en détruisant l’écosystème, en particulier les arthropodes et les vers de terre, sur lesquels repose en partie la fertilité des terres. (2)

Les larges usages dans le monde de l’acétamipride conduit à une pollution générale des eaux de surfaces (3), des nappes phréatiques et des sols (4). « Les sols avec une haute teneur en matières organiques montrent une plus haute capacité de rétention de l’acétamipride ».

Bien entendu, les cultures qui ont été pulvérisées avec de l’acétamipride conservent ce polluant comme l’a démontré une étude chinoise sur les feuilles de thé. Les auteurs de l’étude écrivent : « les résidus d’acétamipride mesurés dans divers échantillons excèdent le niveau maximum de résidus déterminé pour l’Union Européenne… les niveaux de résidus dans le thé noir étaient très supérieurs à ceux trouvés dans le thé vert » (5). La conclusion qui s’impose pour nous tous est de consommer du thé vert de culture biologique !

Toxicité sur les animaux

L’acétamipride provoque de nombreux désordres métaboliques et une importante toxicité chez les mammifères. Même à faible dose (12,5mg/kg) chez le rat, il altère le système reproductif : « La concentration de spermatozoïdes et le niveau de testostérone diminuent de façon proportionnelle à la concentration. Les taux hormonaux sont modifiés, les lipides sont peroxydés et le taux de glutathion dans les testicules est abaissé » écrivent les auteurs d’une étude récente qui ajoutent : « Le mécanisme de l’effet toxique peut être associé à un stress oxydatif, des perturbations hormonales et des suicides cellulaires » (6).

Plusieurs études mettent en évidence des effets neurotoxiques chez le rat avec perte de la mémoire spatiale et perturbation métabolique du système glutaminergique. Les mêmes auteurs ont enregistré une dégénération neuronale de certaines zones du cerveau et une réduction de l’expression de certains gènes. (7)

Par ailleurs, l’acétamipride modifie le taux des neurotransmetteurs qui régulent la mémoire, le comportement et l’apprentissage, ce qui induit chez l’animal une augmentation de l’anxiété (8).

L’hépatotoxicité de l’acétamipride a amplement été démontrée chez le rat, induisant un stress oxydatif, une peroxydation des lipides, une oxydation des protéines, une diminution du taux d’antioxydants endogènes. En outre, l’acétamipride, à des doses moyennes ou faibles, déclenche un processus inflammatoire et provoque des lésions tissulaires dans le foie. (9)

D’autres études démontrent les effets toxiques de l’acétamipride sur l’ensemble du métabolisme chez le rat, même à faible dose (10mg/kg). « Il provoque une baisse du taux de spermatozoïdes, de leur viabilité et mobilité, une baisse significative des hormones de la reproduction. En outre, il entraine des modifications des paramètres sanguins et immunologiques (globules rouges, plaquettes, globules blancs, lymphocytes et immunoglobulines), ainsi qu’une augmentation des transaminases hépatiques ».

A ce tableau sévère, il faut ajouter un foie envahi de cellules graisseuses, des hémorragies rénales avec atrophie des tubules, et des vaisseaux sanguins dilatés. Les auteurs de l’étude précisent : « On observe au niveau des tissus des reins et du foie une accumulation de collagène fibreux… notre investigation révèle que l’acétamipride induit une toxicité sévère sur différents systèmes ». (10)

Il est intéressant de noter que ces graves effets délétères peuvent être partiellement entravés par l’administration de substances protectrices telles que la berbérine et l’acide folique. Ceci plaide, une nouvelle fois, en faveur de l’importance de certains compléments nutritionnels pour protéger des maladies.

Études chez l’homme

Étant donné la gravité des effets observés chez l’animal, même à faible dose, le citoyen ordinaire aurait pu penser que les autorités de santé soient plus vigilantes en ce qui concerne les actions chez l’homme. Les autorisations ont été accordées sans étude préalable chez les humains. Plus récemment, plusieurs travaux ont mis en évidence des effets délétères chez l’homme, comme on pouvait s’y attendre étant donné les résultats chez un autre mammifère, le rat… Malgré cela, les parlementaires n’ont pas cherché à s’informer et ont autorisé aveuglément l’acétamipride.

Une étude chinoise a démontré que l’on retrouve des doses non négligeables de néonicotinoïdes dans les urines, le sang, les cheveux, le lait maternel, la salive et les dents. Les populations asiatiques sont davantage contaminées que les Américains et les Européens (11).

Une étude chinoise a mise en évidence une corrélation entre le taux de néonicotinoïdes et le risque de cancer du foie (12). Une autre étude montre que l’acétamipride stimule la prolifération de la lignée de cellules cancéreuses 4T1 in vitro, mais aussi il stimule le cancer du sein in-situ chez la souris et induit des métastases. Les auteurs concluent : « Nous avons démontré que les néonicotinoïdes stimulent la progression cancéreuse à des dosages similaires à ceux utilisés chez les humains. Ce risque chez les femmes nécessite une intervention d’urgence » (13).

Enfin, une nouvelle étude chinoise démontre que l’action oxydative de l’acétamide provoque une rupture moléculaire au niveau de l’ARN de transfert. Selon les auteurs : « l’Acétamide est un poison pour les mammifères à cause d’une activité oxydative sévère, ce qui provoque des dysfonctions au niveau des mitochondries, une oxydation des lipides et des protéines, une inflammation, une apoptose (suicide cellulaire) et des dommages sur l’ADN. Il est devenu évident que le stress oxydatif induit modifie les structures et les fonctions des ARN de transfert, par rupture de la molécule » (14). On ne peut pas être plus clair !

A la suite de l’ensemble de ces résultats, l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA) a établi une nouvelle norme pour la prise maxima journalière d’Acétamipride fixée à 0,005mg/kg de poids corporel. Ces doses risquent d’être souvent dépassées… Sans compter que l’alimentation et l’environnement contiennent des centaines d’autres polluants chimiques dont les toxicités se cumulent et se renforcent. (Relire chronique 1079 « Pollution chimique, encore et toujours »)

Il est urgent que les citoyens prennent leur santé en main. Ils ne doivent rien attendre des politiciens et des gouvernements, comme le démontre l’épisode de l’Acétamipride. Il n’est qu’un exemple parmi d’autres. La première mesure à prendre, en urgence, c’est de ne consommer que des produits de culture biologique qui, sans être parfaits, sont généralement exempts de pesticides toxiques, ou à des doses très faibles qui peuvent provenir de l’environnement.

1-« Exposure to acetamiprid influences the development and survival ability of worker bees from larvae to adults » ; environ Pollut. 2020 ; 266(Pt2) :115345

2-« Field-realistic doses of acetamiprid impact natural soil arthropod community diversity and structure» ; Environ Pollut.2024 ; 359 :124568

3-« Meta-analysis of neonicotinoid insecticides in global surface waters » ; Environ Sci Pollut Res Int. 2023 ; 30(1) : 1039-1047

4-« Acetamiprid retention in agricultural acid soils : experimental data and prediction» ; Environ Res. 2025 ;120835

5-« Neonicotinoids in tea leaves and infusion from China : implications for human exposure » ; Sci Total Environ. 2023 ; 905 :166114

6-« Reproductive effects of subchronic exposure to acetamiprid in male rats » ; 2020 ; Sci Report 10(1) :8985

7-« Effect of acetamiprid on spatial memory and hippocampal glutaminergic system » ; Environ Sci Pollut Res Int. 2021 ; 28(22) :27933-27941

8-« Role of brain monoamines in acetamiprid-induced anxiety-like behavior» ; Toxicology 2024 ; 505 :153839

9-« Berberine mitigates acetamiprid-induced hepatotoxicity and inflammation via regulating endogenous antioxydants in rats» ; Environ Sci Pollut Res Int. 2023 ; 30(37) :87412-87423

10-« Protective effects of folic acid against reproductive, hematological, hepatic, and renal toxicity induced by acetamiprid in male Albino rats» ; Toxicology. 2022 : 469 :153115

11-« Human exposure to neonicotinoïds and the associated health risks : a review » ; Environ Int. 2022 : 163 :107201

12-« Exposure to neonicotinoid insecticides and their caracteristic metabolites : association with human liver cancer» ; Environ Res. 2022 ; 208 :112703

13-« Neonicotinoids insecticides promote breast cancer progression via G protein- coupled estrogen receptor : in vivo, in vitro and in silico studies» ; Environ Int. 2022 ; 170 :107568

14-« An integrated approach to evaluate acetamiprid-induced oxydative damage to tRNA in human cells based on oxidized nucleotide and tRNA profiling » ; Environ Int. 2023 ; 178 :108038

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