Chacun se demande jusqu’où peut aller le déclin accéléré de l’Europe. Elle est désormais coincée entre deux puissantes hégémonies, Américaine et Chinoise. Elle est devenue un satellite subalterne des USA et donc méprisée par la Chine. En outre, elle s’est déclarée ennemie de la Russie… Son espace vital est menacé !
L’Europe n’est qu’une entité théorique et virtuelle, sans puissance réelle, et dirigée par Ursula van der Layen, non élue démocratiquement, mais cooptée par une clique au service d’un réseau dont les orientations métapolitiques œuvrent pour ce qu’ils dénomment une « société ouverte ».
La première mission de ce réseau d’influence fut de réaliser une construction européenne à marche forcée, en empilant une multitude de nations hétéroclites, sans jamais aboutir à une véritable intégration. Il fallait une Europe docile, sans tête et sans colonne vertébrale, une Europe malléable et soumise. Mission accomplie… Relire chronique-libre n°1022 “L’Europe: nostalgie de sa grandeur“.
Des pseudo-démocraties
Chaque nation européenne dispose d’un parlement élu par le peuple. Mais ce peuple est soumis à des groupes de pression, des élites et des media qui façonnent les opinions à leur guise.
« Des élites réelles, non élues, conduisent et transforment les sociétés européennes à l’insu de la majorité des citoyens. Une majorité silencieuse qui n’a généralement pas conscience des forces qui dirigent, façonnent et transforment son existence, mais à qui on explique que l’Europe est un espace démocratique assiégé par des puissances il-libérales hostiles », écrivait très récemment le mensuel Géoponique Profonde. (1)
Il faut garder à l’esprit que tout pouvoir politique est prédéterminé par l’hégémonie culturelle qu’exercent certaines élites sur les mentalités et sur la société. Aucune action politique conséquente n’est possible sans exercer au préalable une influence culturelle sur les esprits des citoyens.
Ces dernières années, la lutte pour l’hégémonie culturelle reposait sur le Soft-Power, libéral et globaliste, porté par les États-Unis. Il s’agissait, pour ces derniers, d’imposer leur vision du monde dans une guerre cognitive et philosophique. « Le destin de l’homme dépend de la philosophie qu’il se choisira et de la stratégie par laquelle il cherchera à la faire prévaloir », écrivait le général Beaufre, une figure majeure de la géostratégie française.
C’est ainsi que l’Europe s’est volontairement soumise aux valeurs culturelles américaines, de l’hyperconsommation, du laxisme dans les mœurs et de l’irresponsabilité des citoyens, afin qu’ils se désintéressent de la vie démocratique : ils votent pour qui on leur dit de voter et ensuite ferment les yeux et les oreilles…
L’euro-globalisme
L’idéologie sous-jacente est celle portée par George Soros avec son projet de « société ouverte » qui vise à dissoudre progressivement le politique et les prérogatives des États-nations au sein d’un super-État mondial qui viendrait piloter et encadrer la vie de l’humanité tout entière.
Pour atteindre cet objectif, il convient d’opérer une transformation furtive et graduelle en utilisant une ingénierie sociale adaptée, afin de contrôler les masses humaines dénationalisées et coupées de leurs racines culturelles.
Il s’agit donc, pour les euro-globalistes, d’installer des instances supra-étatiques et transnationales. La société ouverte est une forme de cosmopolitisme, de société mondiale hors-sol. Selon Soros, « la société ouverte n’est pas une communauté dans le sens traditionnel du terme. C’est une idée abstraite, un concept universel » …
On peut douter que les citoyens adhèrent à un concept abstrait ! La société ouverte peut être considérée comme un idéal utopique qui serait censé apporter la paix mondiale définitive… C’est bien mal connaitre l’âme humaine, pour l’envisager !
Dans les faits, le but ultime de ce projet mondialiste est de permettre à une élite de diriger l’Europe, ou le monde, en se soustrayant à l’avis des citoyens. C’est le projet qui est en cours à Bruxelles. Il n’y a plus besoin d’intégration européenne, il suffit d’une gouvernance supra-étatique, très peu démocratique…
Pour se renforcer et se justifier, l’euro-globalisme a besoin d’un ennemi pour pouvoir souder les opinions et partir en croisade. L’ennemi absolu des globalistes, c’est Wladimir Poutine, qui demeure résolument nationaliste et envisage un réseau d’alliance alternatif d’États-nations indépendants et partageant les mêmes valeurs.
Pour le combattre, les euro-globalistes doivent devenir autoritaires et mener des croisades militaristes, afin d’entretenir des tensions constantes avec le grand espace eurasiatique. C’est la politique en cours en Europe, sans que jamais le peuple ne soit consulté. L’Europe prépare la guerre pour masquer son échec géopolitique et économique…
Il apparait que les citoyens européens ne sont plus maitres de leur destin. Il est entre les mains de décideurs cosmopolites d’obédience anglo-saxonne, qui agissent suivant leurs intérêts et au mépris du peuple subalterne, variable d’ajustement de leurs projets globaux. Les citoyens européens seront les premières victimes collatérales du match entre les USA et le bloc Sino-Russe.
L’avenir incertain
L’Europe est aussi confronté à d’autres problèmes structurels qu’il lui faut résoudre si elle décidait d’être maitre de son destin. Parmi ceux-ci, la démographie est peut-être le plus épineux, car nul n’a d’influence décisive sur les alcôves. Cette année, après l’ensemble des autres pays européens, la France comptabilisera plus de décès que de naissances.
Le déclin démographique s’accélère et se trouve en accord avec le projet des euro-globalistes qui entendent contrôler et réguler les naissances, à des fins écologiques. Mais, dans sa première phase, ce déclin s’accompagne d’un vieillissement accéléré de la population, ce qui entraine d’immenses problèmes économiques et sanitaires. La situation est encore plus grave en France où les retraites sont directement financées par les actifs !
Pour compenser le déclin démographique, les gouvernements ont choisi l’option la plus facile : l’immigration massive incontrôlée. L’Europe, dirigée par des mondialistes apôtres de la société ouverte, a été incapables de mettre en place un contrôle rationnel de l’immigration, de façon quantitative et qualitative.
Les États membres de l’Union ont été dépossédés de ces prérogatives essentielles, selon le plan des euro-globalistes. Sur ce point précis, où l’Europe aurait pu jouer un rôle déterminant, elle est étrangement absente…
L’autre grand sujet qui oblitère l’avenir est celui de la pollution chimique intensive et globale, à l’origine de l’explosion de nombreuses maladies dites « de civilisation ». Outre le vieillissement, les systèmes de santé croulent sous une avalanche continue de maladies, depuis le cancer sous toutes ses formes, jusqu’aux maladies auto-immunes…
Autant dire que les systèmes de santé ne pourront plus être financés en l’état. Il serait donc urgent de responsabiliser les citoyens et d’utiliser la démocratie directe pour mieux réguler les dépenses. Hélas, le système est prévu pour que les citoyens dorment tranquillement afin que l’élite décide à sa place…
Une fois de plus, nous pouvons constater que la démocratie en Europe est un leurre. La société ouverte correspond à une dilution des responsabilités au niveau des citoyens qui sont dépossédés, au profit d’une classe dirigeante cosmopolite qui prend toutes les décisions de façon non démocratique. L’Europe, tétanisée, ne prend plus les décisions afin d’exister par elle-même, qui seraient pourtant essentielles pour sa survie…
P.S. Les quatre dirigeants qui figurent en tête de cette chronique, dans les faits ne dirigent pas grand-chose et jouent, surtout un rôle symbolique. Ils sont dépouillés de leurs prérogatives, d’un côté par les caprices du marché, par le poids de la dette et par la suprématie américaine, puis de l’autre, par les parlements et les gouvernements de chaque nation et surtout, pour finir, par une idéologie euro-globaliste qui les anime…
Ursula van der Layen : Présidente de la Commission Européenne
Roberta Metsola : Présidente du Parlement Européen
Antonio de Costa : Président du Conseil Européen
Christine Lagarde : Présidente de la Banque Centrale Européenne (BCE)
(1) « Le problème métapolitique d’une Europe stratégique », Pierre-Antoine Plaquevent, Géopolitique Profonde, Été 2025, p.24-32