POURQUOI LA GUERRE ?

A l’heure où le bruit des armes se fait entendre d’un bout à l’autre de la planète, il est opportun de poser la même question que Freud et Einstein, dans un manifeste intitulé « Pourquoi la guerre », « Warum Kriest ? » et qui date de 1933, l’année de la prise du pouvoir par Hitler.

Cette question hante les philosophes depuis des lustres et aucune réponse n’ai jamais totalement satisfaisante. C’est une question que l’on se pose en temps de paix, lorsque celle-ci semble menacée. Mais le plus étrange réside dans le fait qu’avant la guerre, nous sommes presque unanimement en faveur de la paix, mais dès que la guerre survient, le peuple se transforme immédiatement en guerriers fanatisés. Les pacifistes de 1914, derrière Jean-Jaurès, se sont massivement convertis en guerriers convaincus de leur juste combat…

Il existe un fanatisme de la guerre et une perte collective d’autonomie de pensée. Tout se passe comme si les humains étaient porteurs de gènes ou de caractéristiques spécifiques qui, face au danger, leur faisaient perdre leur autonomie de jugement. Est-ce une caractéristique retenue par la sélection naturelle pour souder les communautés face au danger ? Les slogans et les mots d’ordre mobilisateurs tétanisent alors les individualistes les plus coriaces.

C’est ainsi que les pacifistes deviennent des traitres et Ils sont transformés en agents de l’ennemi qu’il faut supprimer d’urgence, comme s’ils étaient porteurs de germes mortels. En 2026, la guerre est à nouveau en Europe et les peuples sont sommés de suivre les engagements des gouvernants qui ont désigné arbitrairement l’ennemi à abattre et l’ami à protéger. La liberté de penser est déjà supprimée et ceux qui contestent la position officielle sont vilipendés, exclus, bannis, comme vient d’en faire l’expérience Xavier Moreau, journaliste de Stratpol, désormais déchu de ses droits civiques, car il conteste la position partisane du gouvernement français et de l’Union Européenne.

La guerre donc, est souvent souhaitée par les gouvernants, surtout lorsque leur légitimité est contestée. La guerre a cet avantage de souder les peuples derrière ceux qui gouvernent, comme une sorte d’instinct primordial de sauvegarde. Les plus contestataires se mettent aussitôt au garde-à-vue, le petit doigt sur la couture du pantalon ! C’est la stratégie suivie par Emmanuel Macron, honni par une majorité grandissante de français…

« L’homme a en lui un besoin de haine et de destruction », écrivit Einstein.

Mais chez l’homme, à la logique de la guerre vient s’ajouter une « disposition instinctive » qui pousse à la « mise à mort de l’ennemi ». C’est ce que Freud appelle la « pulsion de mort ».

Selon ce dernier, les instincts de l’homme se ramènent exclusivement à deux catégories : « d’une part ceux qui veulent conserver et unir » (regroupés sous le nom d’Eros), « d’autre part ceux qui veulent détruire et tuer » (Thanatos).

En France, le pacifiste Alain (1868-1951) considère qu’elle est la « messe de l’homme » par laquelle il teste son courage et met en avant son honneur, alors qu’« il n’y a point d’honneur à écraser une faible troupe par l’assaut d’une multitude ou plus simplement par des armes supérieures » (Mars ou la guerre jugée, Gallimard, 1921). « La guerre n’est guerre que par l’esprit qui consent », et les premiers responsables du crime sont donc « ceux qui ont pour fonction de penser » : savants, historiens, philosophes, moralistes et politiques.

Nous pouvons méditer cette dernière phrase alors que l’ensemble des médias et des politiciens français militent pour continuer la guerre en Ukraine…Thanatos est un mangeur d’hommes !

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