1133 – LE TERRORISME INTELLECTUEL

Les débats d’idées ne datent pas d’aujourd’hui et il vaut sans doute mieux se battre avec des mots qu’avec des armes à feu ! Néanmoins, l’un comme l’autre, ils ne donnent pas une bonne image de l’humanité qui semble incapable d’atteindre la sérénité et l’apaisement.

On peut s’interroger longuement sur cette incapacité des humains à vivre en paix dans le respect de ses congénères, y compris ceux qui professent des idées différentes. L’expérience montre que la violence physique est généralement précédée par la violence verbale qui la nourrit.

Pour quelles raisons sommes-nous enclins à prononcer si facilement des anathèmes et des excommunications qui désignent l’autre comme un ennemi qu’il faut combattre ? Pour quelles raisons, sommes-nous à ce point handicapés dès lors qu’il faut débattre sereinement, et que nous sommes parfois prêts à mourir pour nos idées ?

Combien d’individus, au cours de l’histoire, furent embastillés pour avoir prononcé des mots ou émis des idées contraires aux dogmes ? Seule l’espèce humaine est assez stupide pour en arriver là et se faire la guerre pour défendre des idées !… Il est vrai que chacun de nous est coutumier de la mauvaise foi et enclin à utiliser le mensonge ou des arguments fallacieux pour « défendre » ses idées, quoiqu’il en coûte…

Ce thème est inépuisable et j’ai déjà consacré diverses chroniques, sans parvenir à épuiser le sujet : relire chroniques n° 982 déjà intitulée « Terrorisme intellectuel » et n°855 « Les intellectuels sont-ils des imposteurs ? ».

Le covid : un champ de bataille expérimental

Il est toujours mieux de donner des exemples concrets dans lesquels chacun peut se reconnaitre. La période des 3 années durant lesquelles la planète entière fut occupée à gérer la pandémie du covid-19 nous donne un aperçu récent du niveau d’intolérance et de mauvaise foi dont l’espèce humaine est capable. A propos d’un sujet sérieux, auquel personne n’était préparé, et d’un virus dont personne n’avait jamais entendu parler, nous aurions pu faire preuve de modestie et laisser notre esprit rationnel gérer au mieux la situation…

Nous avons assisté à une situation contraire dans laquelle chacun donnait son avis sans rien connaitre. Les milieux scientifiques et médicaux ont largement participé à la confusion en oubliant de pratiquer le b-a ba de la pensée scientifique, c’est dire la modestie face à un phénomène nouveau qui nécessite d’abord l’observation et la réflexion ! Ce fut au contraire un déluge de paroles contradictoires, d’affirmations péremptoires, de directives sans fondement et même d’ordres contraires au plus élémentaire bon sens…

Les media ont servi de caisse de résonnance en donnant la parole exclusive aux experts officiels autodéclarés, qui ne savaient pas grand-chose mais qui affirmaient beaucoup. Ils ont accouché de directives péremptoires et sans fondement, interdisant toute autre approche et toute autre hypothèse, malgré leur propre ignorance.

Puis survint l’épisode du vaccin expérimental aux effets bénéfiques illusoires, mais néanmoins imposé à tous comme la solution miracle, sans qu’il soit possible de contester ou seulement de douter, comme s’il s’agissait d’une solution divine ! Les mêmes instances officielles ont longtemps défendu l’efficacité de ce soi-disant vaccin et persistent encore à nier l’avalanche d’effets secondaires graves qui s’est abattue sur les pauvres patients qui eurent bien tort d’être si dociles !

Ceux qui osaient réfléchir par eux-mêmes, et proposer d’autres alternatives et de nouvelles hypothèses de travail, furent non seulement interdits de parole mais furieusement pourchassés. De nombreux dissidents perdirent leur travail et furent radiés de l’ordre des médecins. Il n’est pas exagéré de dire que l’agressivité du discours officiel contre ces « dissidents » était proportionnelle à leur propre ignorance ! Certains d’entre eux osent encore persister dans leurs erreurs malgré la somme des preuves qui les accablent… (Relire la chronique n°1080 « Nouvelles études sur la vaccination »).

Nous avons donc assisté, en live, à une véritable chasse aux sorcières d’une grande violence dont le principal effet fut de discréditer pour longtemps les discours officiels, médicaux, politiques ou médiatiques !

Les partis politiques attisent la haine

Les politiciens ne sont pas plus sereins que les scientifiques et ils nous montrent chaque jour à quel point ils sont intolérants et agressifs, relayés en cela par les media qui aiment jeter de l’huile sur le feu et attiser les haines.

Ce n’est jamais l’intérêt du pays qui prime : les partis politiques sont obnubilés par la détestation des autres partis. Chaque parti prétend défendre le peuple malgré des programmes souvent diamétralement opposés. Aucun n’apporte d’arguments rationnels pour justifier le bien-fondé et le réalisme de ses propositions. Ce qui importe, c’est de plaire au peuple et donc de faire des promesses mirifiques, même si elles sont irréalisables. Ils misent davantage sur la crédulité et la bêtise des électeurs, prêts à croire au père Noël…

Le dénigrement des adversaires auxquels on prête les pires intentions constitue le fond de commerce des partis politiques, aidés en cela par les media qui sont tous affiliés à l’un ou l’autre. Ce sont les media qui ont forgé les termes d’extrême gauche ou d’extrême droite, et parfois même d’ultra-gaucheou d’ultra-droite, comme pour mieux stigmatiser les partis ennemis et les assimiler au feu de l’enfer !

Le journal Le Monde dont j’avoue être un lecteur assidu depuis plus de 50 ans, bien que je sois loin de partager les analyses, est devenu un expert dans ce genre d’anathèmes. Ce journal, malgré les échecs flagrants des politiques menées par les gouvernements successifs depuis deux ou trois décennies, et qui ont mené la France au bord de la faillite inévitable, persiste à soutenir ceux-là même qui nous ont conduit à la ruine…

Pour cela, Le Monde n’est pas avare de formules assassines dont le but est de discréditer les partis qui pourraient succéder à la clique actuelle. Actuellement, c’est le Rassemblement National qui constitue la principale cible du journal. Chaque jour un ou deux articles sont consacrés à attiser la haine vis-à-vis de ce parti dont le principal grief serait qu’il est en pôle position pour remporter les prochaines élections. Un jour c’est pour critiquer les économies que veut faire un nouvel élu, le lendemain c’est une critique contre une nouvelle dépense. A chaque fois ces élus sont décrits comme s’ils étaient le diable en personne…

LFI, le parti de Mélenchon, n’est pas en reste et subit de temps en temps les flèches empoisonnées du journal, surtout s’il n’est pas coopératif avec le parti socialiste, ce dernier ayant les faveurs du Monde. Le but poursuivi méthodiquement par les journalistes est d’attiser la haine, le mépris et susciter le rejet. En ce sens, les journalistes rejoignent les politiciens pour lesquels le chaos est préférable à la collaboration avec les partis considérés comme ennemis… La politique du pire serait préférable à l’entente civique !

Israël, maitre en manipulation

La mauvaise foi, la haine et le rejet de l’autre concernent aussi les nations. Israël constitue actuellement un bon exemple, illustré par les exactions meurtrières commises quotidiennement, de façon consciente et répétée, dans la bande de gaza, en Cisjordanie et dans le sud Liban.

La force d’Israël est double. Tout d’abord le gouvernement est ouvertement soutenu financièrement et militairement par les USA, ce qui lui permet d’être supérieur à ses adversaires et de commettre, en toute impunité, toutes les exactions et crimes de guerre possibles. Avec le parapluie américain, on peut tout se permettre ! Les raisons de l’appui inconditionnel de Washington à Israël n’est pas toujours facile à comprendre pour un Européen, mais il réside en partie dans la surreprésentation de responsables d’origine juive dans le gouvernement américain et dans la CIA.

L’autre force d’Israël est plus subtile et encore plus efficace. Elle repose sur la culpabilité ancestrale des occidentaux, et principalement des Américains, à la suite de l’holocauste. Cette culpabilité est insidieuse et infiltre toutes nos pensées à propos d’Israël qui sait parfaitement en jouer. Les media et les politiciens ont finit par intégrer dans leurs subconscients que critiquer le gouvernement d’Israël c’est l’équivalent de l’antisémitisme.

Ceci fait que, à chaque fois que l’on prononce le nom d’Israël, on marche sur des œufs, pour ne pas être assimilé à un nazi ! Toute critique devient suspecte, au nom de quoi le gouvernement Israélien a les coudées franches pour perpétuer ses crimes à Gaza. C’est un parfait exemple de manipulation et de terrorisme intellectuel !

La définition du terrorisme intellectuel, selon Wikipédia : « Le terrorisme intellectuel est une pratique d’intimidation envers ses contradicteurs, au moyen de procédés tels que les amalgames, sophismes, attaques ad hominem ou reductio ad Hitlerum pour limiter la formulation d’idées jugées gênantes ou politiquement incorrectes. »

Il m’arrive de penser que l’espèce humaine est l’espèce animale la plus pervertie, une branche de l’évolution qui court à sa propre destruction. Les moyens militaires dont elle dispose sont suffisants pour l’anéantir, les haines ne s’apaisent jamais, et demain l’Intelligence Artificielle sera aux commandes avec les mêmes désirs de puissance … Pour prendre notre place ? (Lire à ce propos et sans tarder :« If anyone builds it, everyone dies : why the superhumanAI would kill us all » de Eliezier Yudkowsky & Nate Soares).

A lire absolument : Jean Sévillia, Les habits neufs du terrorisme intellectuel de 1945 à nos jours, un livre publié chez Perrin.

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