325 – REGARDER N’EST PAS VOIR …

Posted on août 29, 2012 par

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Nous avons quitté la Californie et nous voici maintenant en Oregon avec nos amis. Ils nous font découvrir de splendides endroits, parfois très sauvages, et je me suis fait la remarque suivante : il est étonnant de «voir», quand nous sommes un groupe de personnes, comme chacun «voit» des choses différentes tout en «regardant» la même chose. 

Il y a d’abord ceux qui ne voient rien, perdus dans leurs pensées. Ils traversent les paysages un peu comme des aveugles, oubliant au passage de se remplir de la beauté des lieux.  

Et il y a les autres … Vous, moi, eux ! Nous ne «voyons» bien souvent que ce qui nous intéresse. Certains «voient» les nuages, les autres les arbres, d’autres encore les fleurs ou les oiseaux. Il y a même ceux qui ne voient que ce qui dérange !

Je raconte souvent cette petite histoire : vous êtes devant un tas de fumier, fort mal-odorant, tout sale et tout fumant et, au milieu, une petite fleur jaillit d’une graine oubliée. Et tout s’illumine ! Pour moi … Pour d’autres ce n’est qu’un sale tas de fumier, ils ne «voient» pas la beauté de cette petite fleur qui le transforme en quelque chose d’émouvant : la vie qui jaillit, si belle, même du fumier ! 

Cette réflexion m’a amenée à prendre conscience combien nous sommes limités dans nos perceptions et, donc, dans nos ressentis et croyances. Et nous nous rendons compte alors combien nos témoignages sont à prendre avec des pincettes ! 

 

Nous «regardons» la globalité mais nous ne pouvons «voir» que les détails qui nous parlent. D’abord une vue d’ensemble et, hop, nous focalisons en fonction de nos goûts, de nos expériences, de nos talents.

 Nos amis, par exemple, sont des amoureux des oiseaux. Oh, bien sûr, ils apprécient beaucoup tout ce qui est dans la nature, mais les animaux -et en particulier les oiseaux- les fascinent. Et il faut dire que c’est un monde fascinant ! Quelle beauté, quelle variété, quelles leçons ces oiseaux si légers nous apportent …

 

De mon côté, j’aime les oiseaux bien sûr, mais je suis toujours à la recherche des fleurs : surtout des petites, des modestes, de celles qui fleurissent nos bois, nos champs et nos sentiers. Celles qui se font oublier, perdues dans les herbes, les mousses, les buissons.

Et bien, à chacune de nos promenades, nos amis repèrent moult oiseaux différents qu’ils étudient avec jumelles et télescope. Grâce à eux nous avons «vu» vivre, avec fascination, faucons et autres rapaces, colibris (mes préférés !!) et nombreux autres aux noms pour moi inconnus. Mais, sans eux, il est certain qu’ils nous auraient échappés !

 Et moi, le nez au vent mais les yeux baissés vers cette terre que j’aime tant, combien de «modestes» ai-je pu repérer ? Des blanches, des jaunes, des mauves … Un vrai régal ! Et, bien sûr, j’ai pu partager avec chacun mes modestes découvertes. Car, tandis qu’ils guettent les oiseaux, les petites modestes leur échappent et, bien sûr, ma quête terrestre m’empêchent souvent de lever les yeux vers les cieux. Quels beaux échanges nous avons fait ! En conclusion ?

Peut-être est-il important de prendre conscience de cela : nous sommes à la fois grandioses et limités. L’infini ne peut se vivre qu’à travers le voyage intérieur ! Nos cinq sens ont leurs limites et ce n’est que par l’ouverture au monde des autres que nous pouvons agrandir le nôtre. Par le partage, l’acceptation, l’ouverture …

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