780 – DEUX FEMMES AU CHEVET DE L’EUROPE

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Deux femmes sont appelées aux postes clés pour redonner un deuxième souffle à L’Union Européenne. « Lorsque la situation est vraiment très mauvaise, on appelle une femme » avait dit Christine Lagarde.

 Il semble que l’Union Européenne ne progresse qu’à travers les crises qu’elle traverse et dont elle sort renforcée. La tragi-comédie que l’on vient de traverser pour les différentes nominations aux postes stratégiques a fait craindre le pire, mais, une nouvelle fois l’entente et la détermination franco-allemandes ont fait la différence.

Ursula von der Leyen

L’Europe a une patronne qui a de l’ambition pour l’Union Européenne et qui défend des thèses fédéralistes, comme je le fais dans ces colonnes depuis des années.  Elle s’est dit plusieurs fois convaincue que « peut-être pas ses enfants, mais ses petits-enfants, verraient un jour les Etats-Unis d’Europe ».

Il reste à espérer qu’elle aura l’autorité nécessaire et le leadership indispensable pour d’abord fédérer les mentalités et les énergies des citoyens !

Elle devra, en particulier, désamorcer les forces centrifuges actuellement à l’œuvre dans de nombreux Etats Européens qui doutent du bien-fondé de l’Europe. Il faut dire que l’Union Européenne a péché par de nombreux excès qui ont mis à mal les classes moyennes un peu partout : excès de libéralisme économique, excès d’immigration, excès de dettes, excès de mondialisation… Le curseur a besoin de revenir au centre !

Il se trouve qu’Ursula von der Leyen, très proche d’Angela Merkel, dont elle fut ministre pendant ses 14 ans de règne, a la réputation d’une femme énergique, assez libérale socialement et souple économiquement, pour apaiser certaines craintes d’avoir une allemande à la tête de l’UE.

On peut aussi espérer que cette aristocrate, mère de 7 enfants, ait quelques égards vis-à-vis de la famille, bien mise à mal depuis des années par le cynisme ambiant dans lequel toutes les dérives sont montrées en exemple…

Christine Lagarde

La Banque Centrale Européenne aura aussi une patronne ! Je ne sais pas s’il faut dire « Gouverneuse » ou « Gouverneure » pour être politiquement correct ? Quoi qu’il en soit, c’est une femme d’expérience bien qu’elle ne soit ni économiste, ni financière, ce qui lui permettra peut-être de n’avoir pas d’a priori idéologique… cette décision soulage les pays du sud, surendettés, qui craignaient le patron de la Bundesbank, à la réputation inflexible, dont la nomination a été évitée grâce à l’intervention d’Emmanuel Macron.

C’est Christine Lagarde, à la tête du FMI, qui a pesé pour obtenir un plan de soutien à la Grèce, en lui évitant ainsi d’avoir à quitter l’Euro. L’histoire dira si ce fut une erreur ou une décision judicieuse… Je persiste à penser que cela fut une erreur, comme je vais m’en expliquer un peu plus loin.

Elle sera donc la garante de l’euro, de sa stabilité, de sa crédibilité, voire même de sa survie si elle ne parvient pas à maitriser la création monétaire et la dette de certains Etats. Elle a l’autorité suffisante pour se faire respecter et on peut espérer qu’elle ne laissera pas filer l’endettement.

Tout n’est cependant pas rose quand on considère les difficultés qui restent à surmonter pour renforcer l’Union. La situation italienne est préoccupante car elle est dirigée par des aventuriers qui font des belles promesses et prônent la fuite en avant budgétaire sans tenir compte des engagements monétaires européens. Si l’Europe avait su être plus ferme avec la Grèce, l’Italie ne se risquerait pas aujourd’hui à défier les instances européennes.

Espérons donc que les deux femmes qui vont diriger le destin de l’Europe aient la fermeté que leurs prédécesseurs n’ont pas eu. La faiblesse peut avoir des vertus à court terme pour éviter les désaccords, mais coûtent généralement très cher à terme, lorsque l’on reçoit la facture. Or, la facture de la faiblesse de Christine Lagarde vis-à-vis de la Grèce, il y a quelques années, vient d’arriver à Bruxelles et à Francfort en provenance de Rome, envoyée par Giusepe Conte, Président du Conseil.

Être ou ne pas être une nation ?

L’autre difficulté majeure à laquelle l’Union Européenne est confrontée, dès maintenant, concerne l’immigration en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. L’absence de politique est aussi une preuve de faiblesse. C’est cette faiblesse qui a mis au pouvoir des anti-européens à Rome, Budapest et Varsovie.

C’est encore l’Italie qui rue dans les brancards en ayant une attitude ferme sur ce sujet, après avoir été seule face à des vagues énormes d’immigrants arrivant sur ses plages ou dans ses ports. Un certain Matteo Salvini, ministre de l’intérieur, veut l’épreuve de force avec Bruxelles pour l’obliger à se déterminer.

Il vient de faire arrêter Carola Rackete, capitaine du Sea Watch 3qui écumait la Méditerranée pour récupérer ceux qui veulent passer en Europe. N’ayons pas peur des mots, il s’agit de passeurs, ayant sans doute des bons sentiments car ils ne se font pas payer, mais qui alimentent l’immigration clandestine.

Les citoyens sont émotifs et incohérents. Ils viennent de voter massivement pour les partis anti-immigration et maintenant ils pleurnichent sur le sort de Carola Rackete, sans doute par ce qu’elle est une femme, alors qu’elle s’est livrée à des opérations illégales. Une nation qui ne sait pas garder ses frontières cesse d’être une nation.

Vous l’aurez compris, l’Union Européenne a besoin de cohérence. On ne fait de bonne politique, ni avec des bons sentiments, ni avec des bouffées d’émotions. Ces deux fortes femmes qui vont nous gouverner saurons peut-être mieux que les hommes éviter ces deux écueils

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