259 – LE DIALOGUE DE SOURDS

Posted on mars 21, 2012 par

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Comment le monde peut-il évoluer dans la paix et l’harmonie si nous sommes tous persuadés que notre modèle du monde est l’unique modèle à suivre ?

Cette évidence m’a sauté aux yeux -ou plutôt aux oreilles- dernièrement, après avoir entendu les réflexions des uns et des autres …

Si vous écoutez attentivement les conversations autour de vous, vous vous apercevrez très vite que nous pratiquons très souvent le dialogue de sourds. Chacun veut s’exprimer, ce qui est très bien, mais peu de personnes écoutent l’autre. En fait, si vous observez bien, vous vous rendrez compte que plutôt que d’écouter nous cherchons à convaincre.

Et, bien sûr, notre façon de vivre est toujours la référence à suivre ! C’est ainsi, par exemple, que celui qui vit seul voudrait que tous les autres le fassent. Au moindre petit agacement dont vous allez faire preuve face à votre compagne ou compagnon, hop ! cette personne va vous susurrez : «Tu devrais te séparer, prendre un peu de distance, faire un voyage tout seul, etc …».

Cet exemple peut se dupliquer à l’infini !

  • Ceux qui ont des enfants pensent qu’il FAUT faire des enfants tandis que ceux qui n’en ont pas se demandent POURQUOI il faudrait en faire et ils s’étendent allègrement sur tous les inconvénients d’avoir de charmants bambins.

  • Bien sûr, ceux qui voyagent ne comprennent pas que l’on puisse passer ses vacances bien tranquillement chez soi alors que ces derniers traitent d’agités et d’instables tous ceux qui aiment voyager.

  • Les gens malheureux, bien souvent, vous mettent en garde -si vous arrivez avec un grand sourire- sur l’éphémère bonheur et les personnes heureuses ne comprennent pas pourquoi les autres ne le sont pas : c’est si facile, n’est-ce pas ?

  • Les amoureux de la nature prêchent le grand air tandis que les intellectuels regardent de haut tous ceux qui ne s’éclatent pas dans les livres.

  • Et il y a ceux qui voudraient supprimer la télé, alors que les autres puisent un grand plaisir à la regarder. 

  • Il y a les adeptes du sport, de la pêche, de la chasse, du golf, du bridge, des associations, les fans des animaux et ceux qui ne les supportent pas chez eux, les accros à l’ordi, ceux qui ne veulent même pas en entendre parler. N’oublions pas les amoureux du téléphone, opposés aux allergiques au même téléphone ! Il y a ceux qui ne peuvent vivre sans yoga et d’autres sans prendre de bain tous les jours : «Tu es si tendue ! Tu devrais prendre un bain …» Oui, mais … il y a ceux qui n’aiment pas faire trempette dans l’eau et qui se ressourcent les mains dans la terre !!! 

Bref, les exemples sont bien trop nombreux pour tous les nommer et je pense que vous avez compris ce que je voulais dire …

Il y a donc ceux qui pensent ceci et les autres qui pensent cela. Où est le problème me direz-vous ? Et bien, justement, il ne devrait pas y en avoir ! Car la richesse de la vie vient de sa diversité : nous sommes tous uniques et, donc, nous avons chacun un modèle du monde unique. C’est pourquoi nous pouvons tant apprendre les uns des autres. 

Ecouter les autres, leurs avis, leurs façons de vivre, leurs conseils nous enrichit. Parfois se glisse d’ailleurs un conseil avisé qui va nous aider ! Cela se complique lorsque nous voulons convaincre à tout prix. Du coup, nous oublions «d’écouter» l’autre et ses différences.

C’est finalement toute la différence entre «proposer» et «imposer» … C’est aussi toute la différence entre «accepter» l’autre et le «juger» !

«Accepter» l’autre, c’est savoir entendre ce qu’il nous dit et se poser la question : «Qu’est ce qu’il veut me dire ?». «Juger» l’autre, c’est penser que sa façon de faire, si différente de la nôtre, n’est pas la bonne et tenter de le convaincre de faire comme nous.

Bien sûr, nous écoutons les autres avec notre filtre personnel. Et nos conseils ne sont jamais impartiaux. Nous ne pouvons que «tendre vers», faire de notre mieux pour entendre l’autre dans sa différence et accepter cette différence comme une possibilité de nous enrichir mutuellement. Toutefois, le plus souvent, nous voulons plutôt amener l’autre là où nous sommes que l’écouter vraiment. Et nous sommes même de bonne foi : nous sommes persuadés que ce qui est bon et juste pour nous l’est aussi pour l’autre …

Mais il y peut-être une solution ! Pour être moins sourds aux paroles des autres et cesser de vouloir les convaincre à tout prix que nos idées et nos goûts lui conviendraient autant qu’à nous, ouvrons les oreilles du coeur : elles sauront entendre ce que nous dit vraiment le coeur de l’autre …