PRAGMATISME OU IDEOLOGIE?

Posted by

On dit que les Anglo-saxons sont des pragmatiques, c’est-à-dire que leurs choix privilégient l’efficacité, tandis que les Latins aiment faire des choix idéologiques, sans vérifier si cela est efficace.

th-4 Les idéologies font suite à des démarches théoriques et des constructions purement intellectuelles, basées le plus souvent sur des a priori. Une idée n’est encore qu’une hypothèse et elle a besoin d’être vérifiée concrètement. Tant qu’une idée n’a pas été soumise à l’épreuve des faits, elle reste une opinion, une croyance, une foi ou un parti-pris, comme c’est le cas dans le domaine des religions.

Une idée devient une idéologie lorsqu’elle s’érige en système, en dogme, en table de la loi. Une idéologie qui n’est pas confrontée à l’épreuve des faits ne peut se perpétuer que grâce à l’intolérance et à la force, et sombrer dans ce que l’on peut appeler l’obscurantisme. L’humanité possède une propension à aimer les idéologies qui demeurent dans le domaine de l’abstraction et du virtuel, comme on peut le constater sur le plan du religieux, du politique, de l’économique ou même du scientifique qui n’est pas toujours épargné par le dogmatisme.

Les idéologies refusent généralement la confrontation avec le réel et préfèrent demeurer dans le domaine des mots. Les idéologies sont parfois de belles et séduisantes constructions mentales auxquelles peuvent adhérer des cercles d’intellectuels qui préfèrent le virtuel au concret. A cet égard, le socialisme peut être pris comme exemple d’idéologie séduisante qui refuse la confrontation avec la réalité et qui la réfute.

Le pragmatique, au contraire, ne s’encombre pas d’idéologie, c’est un concret, terre-à-terre, çà marche ou cela ne marche pas, un point c’est tout. Pour le pragmatique, l’idéologie doit apporter la preuve de son efficacité, sinon il faut l’abandonner. C’est aussi le point de vue du scientifique qui doit apporter la preuve, par l’expérimentation, que sa théorie ou son hypothèse est valable.

La crise économique à laquelle l’Occident se heurte voit s’affronter ces deux conceptions. D’un côté, certains pays Européens, telle la France, qui restent campés sur une idéologie socialiste, mélange d’étatisme et d’Etat-Providence, et de l’autre, les pays Anglo-saxons comme les USA, la Grande Bretagne ou l’Allemagne, plus pragmatiques, qui prennent des décisions en fonction de leur efficacité et non pas suivant un dogme. Ces trois pays sont prêts à modifier leurs choix en fonction des résultats et ce n’est pas un hasard s’ils se montrent actuellement capables se surmonter la crise, mieux que d’autres.

Le socialisme est une idéologie qui n’a jamais réussi à apporter la preuve de son efficacité

"En fait, nous ne sommes jamais rencontré au paravant".
« En fait, nous ne sommes jamais rencontré auparavant ».

économique. Partout où le socialisme a été mis en œuvre, il a engendré un appauvrissement des populations concernées. Personne ne peut donner un seul exemple d’un socialisme réussi et prospère. Malgré ce fait intangible, certains gouvernements sont encore habités par cette illusion, je dirais par cet aveuglement. La France en donne encore aujourd’hui le spectacle le plus affligeant.

Cela fait plus de quarante ans que la France s’est orienté vers un socialisme rampant, mis en œuvre par des gouvernements successifs, de droite comme de gauche. Ce socialisme est basé sur trois principes fondamentaux : une administration pléthorique, onéreuse, mal organisée et à l’origine d’une réglementation abondante qui freine les initiatives ; ensuite un interventionnisme tout azimut de l’Etat, dans tous les rouages de la société, qui veut tout subventionner, tout contrôler, tout décider ; enfin, cet ensemble nécessite une fiscalité extrêmement lourde qui ponctionne la plus grande partie de la richesse nationale, ce qui handicape totalement la compétitivité. La France a chaussé des bottes de plomb et s’étonne d’être distancée par tous les autres.

"Je suis du gouvernement, je suis ici pour aider".
« Je suis du gouvernement, je suis ici pour aider ».

 Cette idéologie est très ancrée dans la culture française, quelque soit l’origine politique. Tant qu’elle ne parviendra pas à admettre que l’idéologie socialiste ne fonctionne pas, la France ne sortira pas de l’ornière. On entend encore des hommes politiques, qui se disent responsables, prétendre se libérer des lois fondamentales de l’économie, c’est un mensonge aussi grotesque que prétendre se libérer des lois de la physique. Il ne suffira pas de changer de gouvernement, il faut changer de mentalité. Ne plus attendre tout de l’Etat-Providence, mais se prendre en main. Il faut plus de libertés individuelles et collectives, c’est-à-dire plus de responsabilités. C’est cela le libéralisme, un système évolutif qui fonctionne et s’améliore en fonctionnant, en dehors des dogmes.

Je ne vois pas meilleur exemple de processus libéral pragmatique que le mécanisme de l’évolution des espèces décrit par Charles Darwin. Un mécanisme auto-correcteur qui, face aux réalités, s’améliore et s’adapte au fil du temps. Rien n’est figé, rien n’est écrit de façon immuable et tout bouge sans cesse pour s’adapter. Les espèces qui ne s’adaptent pas et restent fixes sont appelées à mourir. Il n’y a pas une once d’idéologie dans cela, mais seulement l’implacable épreuve des faits.

Si quelqu’un me dit qu’il m’aime, il doit le prouver avec des actes et pas seulement avec des mots. Si ses actes ne sont pas en accord avec ce qu’il dit, je récuse l’idée qu’il m’aime ! Il ne suffit pas de dire « j’aime les pauvres » et dans le même temps prendre des décisions qui ne peuvent, à terme, qu’aggraver leur état !…

Le pragmatisme c’est évolutif et chaud comme la vie ; l’idéologie c’est figé et froid comme la mort. Dans notre prochaine chronique nous poserons les bases d’une politique libérale et pragmatique.

 

 

3 comments

  1. Merci Yves bon ce que vous dites, mais je vous rappelle qu’il a terminé le monde de la pensée de notre temps et nous sommes encore survivre sur la pensée du siècle dernier, et nous sommes devenus des consommateurs font écho à ce que les hommes pensaient du siècle dernier et dans tout, que ce soit dans la politique ou l’économie ou de l’éducation est devenue tout en fonction de la scène, qui exige .

  2. Monsieur Yeves ; Merci pour cet article très riche et très bien fondé…
    J’avais reçu une formation dans l’économie (principalement l’économie libérale) et j’ai des doctorants en économie dans la famille. Quand j’étais à l’université ; mon rêve était de devenir un quantitativiste ; ce mystérieux homme qui comprend les comportements des autres en regardant dans les chiffres. Mais j’ai fini par devenir un gestionnaire =D …
    A un certain stade dans ma vie ; je croyais à l’économie libérale de manière « Taylorienne » : « the one best way for the prosperity ». Mais en pratiquant les choses ; j’ai fini par comprendre que le libéralisme à elle est en réalité une idéologie.
    Je me réfère toujours à ceux qui sont mieux formés que moi pour prouver mes prétentions. Et dans ce cas ; je veux me référer à « John Perkins » un ex CIA qui a écrit deux livres (à ce que je sais) dont l’un était : « Confession d’un Assassin Financier » et l’autre « the Eagly face of the American Empire ». Je veux aussi vous parler un peut des leçons de base dans l’économie libérale…
    Dans les deux livres de « John Perkins » ; explique ce dernier ; et de manière scientifique ; que les fondements de l’économie libérale sont rien que des « présomptions dogmatiques trompeuses ». Je parle des indicateurs économiques tel que le « PIB » ; « PNB » ; taux d’endettement ; tau x de chômages ; etc. je site des exemples de l’Indonésie où ce pays a fait pendant les années 80 une progression de 9 % de PIB annuellement au prix de dettes publique et de l’appauvrissement des classes déprimés où le taux de pauvreté a sauté de 1/30 à 1/270.
    Le problème de l’économie libérale ce qu’il parachute des modèles de développement qui ne sont pas forcément adaptés aux pays qui lui adhère.
    Parlant maintenant des fondements de l’économie libérale (les leçons de bases) ; ces derniers ne sont différents en rien des fondements de l’économie sociale. A raison de 5 ou 6 hypothèses de bases qui (je ne me rappel plus de nombre exacte) et qui sont théoriquement valide ; mais en pratique ils sont impossibles à exercer :
    • Transparence totale : libre accès à l’information peut n’importe le genre de l’information ou celui qui la cherche (Impossible !! )
    • Libre entrés et sortie des fonds sur le marché (très impossible)
    • Comportement de consommation et de production homogène (très impossible)
    • Rationalité : le choix de consommation et de production se fait en fonction de prix et de l’utilité. D’où ils peuvent constater le TMSS et les élasticités qui fondent tout le reste du fondement et de planification économique.
    Dslé je ne me rappel plus des autres ; mais je crois que c’est suffisant pour constater que l’économie libérale est aussi idéologique et dogmatique que l’économie sociale. Et c’est pourquoi en effet ; ce model avait réussit dans certains pays et a échoué dans des autres.
    C’est à la recherche de cette réponse ; pourquoi ça fonctionne dans certains pays et ça échoue dans des autres que plusieurs philosophes ont enquêté pour constater une réalité un peut choquante :
    L’économie libérale n’est qu’une façade de l’économie mercantiliste hérité de l’époque de la guerre froide. L’USA ; qui se dit « forteresse universelle » de l’économie libérale n’est en réalité qu’une grande cachette d’une économie « Mercantiliste » ; dont je l’appel personnellement « économie NATIONAL ».
    Le fondement de base de cet économie peuvent s’illustrer dans un proverbe : « Si j’achète mon parapluie de la français ; moi je gagne le parapluie et le France gagne l’argent. Et si j’achète mon parapluie de l’Amérique ; moi je gagne le parapluie et l’Amérique gagne l’argent »
    Les fondements du mercantilisme est sans hypothèses ; encore moins des formules. C’est une culture qui dit d’acquérir et conserver les « Fortunes » à l’intérieur des frontières. Et dans cette quête derrière les fortunes (économiques ; culturelles ; sociales) tout est autorisé. Comme ça on comprend à quoi sert les 760 Milliards de Dollar du « Pentagon » ; comme ça on comprend pourquoi espionne l’Amérique tout le reste du monde y compris les chefs d’Etats (à l’exception de Hollande). Etc …
    Certains demandent comment expliquer les IDE (investissement directs étrangers) de l’Amérique dans le reste du monde ; dans cette thèse. Et ma réponse est de bien regarder à ces investissements ; plus exactement à la rentabilité et les gains américains de ces investissements.
    Bref ; l’acquisition des ressources (peut n’importe comment) ne fait que le premier pilier de ce système « mercantiliste » ; il va falloir ensuite les conserver. Et la bonne conservation veut dire forcement la bonne répartition… et la bonne repartition est l’équité… et l’équité réel n’est pas l’équité linéaire ou l’équité centrale (tel que prévoient les philosophes de la thèse communiste). L’équité réelle devait être fondée sur le « mérite » (dignability) : la compétence et la compétitivité. La compétitivité est la méthode la plus rationnelle pour le partage des ressources. Les groupes humains sont classés dans un ordre suivant leurs compétences et leur compétitivité. Le plus excellent mérite plus que les autres et ainsi de suite… comme ça en partageant les ressources ; on garantie qu’elles seront conservés et développées.
    C’est ainsi et c’est pourquoi on trouve les universités américaines parmi les meilleures au monde. C’est pourquoi ils fournissent les meilleures formations et donnent les meilleurs motifs et conditions aux étudiants. Ces étudiants d’aujourd’hui sont les hérités du demain … c’est une grande mission qu’ils doivent accomplir dans ce grand système pour qu’il puisse continuer…
    A mon avis l’économie n’est pas si compliqué que ça : l’économie c’est la gestion des ressources : acquisition ; développement et conservation. Trouvons la meilleure formule pour chacune de ces pilier et nous serons une Nouvelle Amérique =D. c’est mon avis

Laisser un commentaire