PRAGMATISME OU IDEOLOGIE?

Posted on septembre 15, 2014 par

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On dit que les Anglo-saxons sont des pragmatiques, c’est-à-dire que leurs choix privilégient l’efficacité, tandis que les Latins aiment faire des choix idéologiques, sans vérifier si cela est efficace.

th-4 Les idéologies font suite à des démarches théoriques et des constructions purement intellectuelles, basées le plus souvent sur des a priori. Une idée n’est encore qu’une hypothèse et elle a besoin d’être vérifiée concrètement. Tant qu’une idée n’a pas été soumise à l’épreuve des faits, elle reste une opinion, une croyance, une foi ou un parti-pris, comme c’est le cas dans le domaine des religions.

Une idée devient une idéologie lorsqu’elle s’érige en système, en dogme, en table de la loi. Une idéologie qui n’est pas confrontée à l’épreuve des faits ne peut se perpétuer que grâce à l’intolérance et à la force, et sombrer dans ce que l’on peut appeler l’obscurantisme. L’humanité possède une propension à aimer les idéologies qui demeurent dans le domaine de l’abstraction et du virtuel, comme on peut le constater sur le plan du religieux, du politique, de l’économique ou même du scientifique qui n’est pas toujours épargné par le dogmatisme.

Les idéologies refusent généralement la confrontation avec le réel et préfèrent demeurer dans le domaine des mots. Les idéologies sont parfois de belles et séduisantes constructions mentales auxquelles peuvent adhérer des cercles d’intellectuels qui préfèrent le virtuel au concret. A cet égard, le socialisme peut être pris comme exemple d’idéologie séduisante qui refuse la confrontation avec la réalité et qui la réfute.

Le pragmatique, au contraire, ne s’encombre pas d’idéologie, c’est un concret, terre-à-terre, çà marche ou cela ne marche pas, un point c’est tout. Pour le pragmatique, l’idéologie doit apporter la preuve de son efficacité, sinon il faut l’abandonner. C’est aussi le point de vue du scientifique qui doit apporter la preuve, par l’expérimentation, que sa théorie ou son hypothèse est valable.

La crise économique à laquelle l’Occident se heurte voit s’affronter ces deux conceptions. D’un côté, certains pays Européens, telle la France, qui restent campés sur une idéologie socialiste, mélange d’étatisme et d’Etat-Providence, et de l’autre, les pays Anglo-saxons comme les USA, la Grande Bretagne ou l’Allemagne, plus pragmatiques, qui prennent des décisions en fonction de leur efficacité et non pas suivant un dogme. Ces trois pays sont prêts à modifier leurs choix en fonction des résultats et ce n’est pas un hasard s’ils se montrent actuellement capables se surmonter la crise, mieux que d’autres.

Le socialisme est une idéologie qui n’a jamais réussi à apporter la preuve de son efficacité

"En fait, nous ne sommes jamais rencontré au paravant".

« En fait, nous ne sommes jamais rencontré auparavant ».

économique. Partout où le socialisme a été mis en œuvre, il a engendré un appauvrissement des populations concernées. Personne ne peut donner un seul exemple d’un socialisme réussi et prospère. Malgré ce fait intangible, certains gouvernements sont encore habités par cette illusion, je dirais par cet aveuglement. La France en donne encore aujourd’hui le spectacle le plus affligeant.

Cela fait plus de quarante ans que la France s’est orienté vers un socialisme rampant, mis en œuvre par des gouvernements successifs, de droite comme de gauche. Ce socialisme est basé sur trois principes fondamentaux : une administration pléthorique, onéreuse, mal organisée et à l’origine d’une réglementation abondante qui freine les initiatives ; ensuite un interventionnisme tout azimut de l’Etat, dans tous les rouages de la société, qui veut tout subventionner, tout contrôler, tout décider ; enfin, cet ensemble nécessite une fiscalité extrêmement lourde qui ponctionne la plus grande partie de la richesse nationale, ce qui handicape totalement la compétitivité. La France a chaussé des bottes de plomb et s’étonne d’être distancée par tous les autres.

"Je suis du gouvernement, je suis ici pour aider".

« Je suis du gouvernement, je suis ici pour aider ».

 Cette idéologie est très ancrée dans la culture française, quelque soit l’origine politique. Tant qu’elle ne parviendra pas à admettre que l’idéologie socialiste ne fonctionne pas, la France ne sortira pas de l’ornière. On entend encore des hommes politiques, qui se disent responsables, prétendre se libérer des lois fondamentales de l’économie, c’est un mensonge aussi grotesque que prétendre se libérer des lois de la physique. Il ne suffira pas de changer de gouvernement, il faut changer de mentalité. Ne plus attendre tout de l’Etat-Providence, mais se prendre en main. Il faut plus de libertés individuelles et collectives, c’est-à-dire plus de responsabilités. C’est cela le libéralisme, un système évolutif qui fonctionne et s’améliore en fonctionnant, en dehors des dogmes.

Je ne vois pas meilleur exemple de processus libéral pragmatique que le mécanisme de l’évolution des espèces décrit par Charles Darwin. Un mécanisme auto-correcteur qui, face aux réalités, s’améliore et s’adapte au fil du temps. Rien n’est figé, rien n’est écrit de façon immuable et tout bouge sans cesse pour s’adapter. Les espèces qui ne s’adaptent pas et restent fixes sont appelées à mourir. Il n’y a pas une once d’idéologie dans cela, mais seulement l’implacable épreuve des faits.

Si quelqu’un me dit qu’il m’aime, il doit le prouver avec des actes et pas seulement avec des mots. Si ses actes ne sont pas en accord avec ce qu’il dit, je récuse l’idée qu’il m’aime ! Il ne suffit pas de dire « j’aime les pauvres » et dans le même temps prendre des décisions qui ne peuvent, à terme, qu’aggraver leur état !…

Le pragmatisme c’est évolutif et chaud comme la vie ; l’idéologie c’est figé et froid comme la mort. Dans notre prochaine chronique nous poserons les bases d’une politique libérale et pragmatique.

 

 

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