1059 – LE SURSAUT AMÉRICAIN EST-IL UN MODÈLE ?

Habituellement, je n’aime pas commenter l’actualité à chaud, alors que l’émotion n’est pas encore retombée et que nos capacités d’analyse sont incertaines. Néanmoins, je ne résiste pas à la tentation de dire un mot sur l’élection de Donald Trump qui peut être vue comme un sursaut de l’Amérique… et une chance pour l’Europe !

Personne ne pense sérieusement que Joe Biden était le véritable président des USA, sa décrépitude physique et intellectuelle était si avancée qu’il ne pouvait que péniblement répéter ce que d’autres lui dictaient. Parmi son entourage, la vice-présidente Kamala Harris était naturellement celle qui avait le plus d’influence sur la politique américaine.

C’est elle qui orientait l’idéologie et transmettait les messages. C’est la raison pour laquelle, durant sa campagne électorale, elle n’a jamais dévié des prises de position de Biden et a assumé son héritage qui, en fait, était sa propre création. C’est ainsi que, d’une certaine façon, Kamala Harris prétendait se succéder à elle-même…

Idéologies décadentes

Depuis des années, l’Amérique est rongée par une nouvelle idéologie, post-moderne, qui prétend effacer les traces de la civilisation occidentale qui fut pourtant, durant des siècles, un phare pour le reste du monde et un modèle qui inspira profondément les autres cultures. Mais, sous le prétexte que la civilisation occidentale ne fit pas que des choses grandioses et qu’elle commit des actes coupables, les apôtres de la cancel culturene retiennent que sa face sombre et veulent gommer l’ensemble de son Histoire. (Relire chronique n°1034 « En attendant les barbares »).

La cancel culture opère un véritable travail de sape auprès des jeunes générations et dans les milieux universitaires pour discréditer l’œuvre de leurs aïeux. Il faudrait faire table rase du passé et le renier pour fabriquer un citoyen nouveau, débarrassé des vieux oripeaux de la tradition et de l’Histoire.

Cette purge commence par déboulonner des statuts, changer des noms de rues, puis par faire annuler des conférences, interdire de parole les contestataires et cela finit par l’exclusion et Big-Brother.

La cancel culture est complétée par le wokisme, une idéologie qui prône l’ouverture aux autres et l’éveil, ce qui parait assez sympathique au premier abord, à la fois féministe, antiraciste et pluriculturel. Mais le wokisme s’est laissé entrainer par une aile ultra-progressiste prônant toutes sortes de déviations sexuelles et militant de la transsexualité.

Les dérives du wokisme vont jusqu’à demander aux enfants, à un âge où l’on se cherche, de quel genre ils se sentent puis d’envisager des traitements chimiques et chirurgicaux pour changer de sexe. Ces apprentis sorciers oublient que la génétique nous assigne un sexe dont nous ne sommes pas libres de disposer, sauf dans les apparences. Il n’est pas exagéré de dire que les médecins et chirurgiens qui se livrent à de telles pratiques commettent des crimes contre l’humanité dignes du régime nazi !

Un des slogans de l’équipe Républicaine qui a fait mouche fut le suivant : “Kamala is for THEY /THEM, Donald Trump is for “YOU”, jouant sur l’indifférenciation sexuelle mise en avant par Kamala Harris.

Cette idéologie, embrassée par certains milieux politico-médiatiques, basée sur le laxisme généralisé et le laisser-faire, conduisent inexorablement à la décadence globale dont la société occidentale porte tous les symptômes. C’est ainsi que nous assistons à une augmentation vertigineuse de la consommation de drogues et de psychotropes, ainsi qu’à une épidémie de suicides, ce qui tend à montrer que le post-modernisme, prôné par une certaine gauche, ne conduit pas au bonheur des peuples !

Il s’en suit, naturellement, une recrudescence de la violence à tous les niveaux de la société et, en particulier, une criminalité extrêmement préoccupante liée au trafic de drogue. A ce sombre tableau, il convient d’ajouter une immigration de masse, non contrôlée, concernant souvent de jeunes hommes, certes plein d’énergie, mais livrés à eux-mêmes, sans travail et sans compétence.

Il s’agit donc d’une dérive libertaire globale, accompagnée par les pouvoirs en place, et dans laquelle l’homme blanc hétérosexuel traditionnel devient un ennemi de classe dont l’autorité et l’influence doivent être supplantées par une nouvelle élite métissée et mondialiste. Il s’agit donc d’une véritable guerre de civilisation, menée par une minorité « d’éveillés » qui organise la décadence de la civilisation occidentale afin de faciliter son écroulement.

Cette minorité agissante a placé ses représentants dans la sphère politico-médiatique et influence, par tous les moyens, d’abord la jeunesse et tous ceux qui, par mode ou par aveuglément, sont prêts à suivre une idéologie apparemment permissive. En réalité, il s’agit d’une minorité particulièrement intolérante.

« Le principe de la démocratie représentative, c’est la majorité. (…) Aujourd’hui, on court le risque d’une dictature des minorités. La nouvelle idéologie est de fracturer les gens selon les clivages sexuels, raciaux, ethniques. De limiter les champs des possibles. (…) Nous voulions au contraire le vaste monde“, estime le journaliste Brice Couturier dans son livre Ok millenials.

(Relire chronique n°1029 « L’Occident n’est plus crédible »).

Ukraine, la guerre civilisationnelle

Il est évident que la guerre en Ukraine est la guerre de Biden. C’est son administration qui l’a fomentée en provoquant la Russie et en l’obligeant à intervenir militairement dans le Donbass. Biden a pris le relai des interventions douteuses en Ukraine de l’administration américaine depuis l’ère Obama, en particulier sous l’impulsion de Victoria Nuland, personnage influent du Département d’État. https://responsiblestatecraft.org/victoria-nuland-retiring/

En effet, ce n’est pas un hasard si la famille Biden, qui se réclame du wokisme, soit le fer de lance de la guerre contre la Sainte Russie, symbole de la défense des traditions. Dans ce contexte, la Russie apparait aujourd’hui comme le meilleur rempart contre la décadence de la civilisation occidentale et c’est en ce sens que les débats qui ont précédé l’élection américaine ont porté essentiellement sur les valeurs.

Le résultat de la guerre en Ukraine est une catastrophe pour les européens qui se sont laissés entrainés dans une guerre qui ne les concerne pas et qui les affaiblis. L’augmentation importante du prix de l’énergie est la résultante de cette folle décision qui conduit à une désindustrialisation massive de l’Europe qui s’appauvrit à vitesse accélérée. (Relire chronique n°1001 « Ukraine : du sang et des larmes »).

Du point de vue européen, notre intérêt serait de prendre de la distance avec l’OTAN, agressive et guerrière, de refuser d’être une lointaine colonie américaine et de devenir un pôle médiateur entre Moscou, Washington et Pékin.

Trump, une chance pour l’Europe

De ce point de vue, l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, peut être profitable à l’Europe en la déchargeant d’une guerre qui n’est pas la sienne mais dans laquelle elle s’est laissé entrainer par faiblesse.

Si, comme il le laisse entendre, Donald Trump est le faiseur de paix en Ukraine et s’il cesse de s’impliquer dans les affaires européennes, l’Europe n’aura pas d’autre choix que de sombrer dans les décombres de l’Histoire ou bien de prendre enfin son destin en main, c’est-à-dire se doter d’un véritable gouvernement fédéral, soutenu par une armée efficace et une politique étrangère indépendante.

Par ailleurs, Trump peut être le signal d’un sursaut de tout l’Occident pour lutter contre les forces qui poussent notre civilisation vers la décadence et l’autodestruction. Il peut être une chance pour l’Europe et pour l’Occident. Il peut aussi représenter un modèle à suivre par les pays européens qui souhaiteraient relever la tête et prendre leur destin en main… (Relire la chronique n°1022 « Europe : nostalgie de la grandeur »).

On peut aimer ou ne pas aimer Donald Trump, le personnage est ambigu, capable du meilleur comme du pire, mais il faut saluer sa performance de retour fracassant sur le devant de la scène internationale. Il nous appartient maintenant de prendre nos destins en main, l’avenir de l’Europe n’appartient qu’à nous et Trump peut nous aider en s’occupant principalement des affaires de l’Amérique et nous servir de modèle To Make Europe Great Again ! MEGA !

 

Ne manquez pas les prochains articles

Laisser un commentaire