L’AMERIQUE VEUT-ELLE LA GUERRE?

Posted on septembre 1, 2014 par

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Le budget américain de la défense va atteindre 756 milliards de dollars en 2015, soit environ la moitié du budget mondial. Cette somme est l’équivalent des budgets de la défense cumulés de la Chine, la Russie, l’Arabie Saoudite, la France, La Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Japon, l’Inde et la Corée du Sud réunis !

Vous pouvez méditer sur cette information et, en même temps, mesurer le poids du lobby militaro-industriel américain qui est proportionnel au budget de la défense. Dans ces conditions on peut considérer que c’est la CIA qui gouverne l’Amérique. C’est ce même lobby qui a déjà entrainé l’Amérique dans des guerres lointaines, périlleuses et coûteuses, mais extrêmement lucratives pour beaucoup : la Corée, le Vietnam, l’Irak, l’Afghanistan et, bien sûr, l’interminable conflit Israélo-Palestinien attisé par les USA. L’Amérique veut exercer sa domination dans tous les coins et recoins du monde et est déterminée à éliminer tous ceux qui peuvent lui faire de l’ombre…

timthumb.php Hormis la défense, la suprématie américaine s’exerce aussi sur le plan financier grâce au dollar, devenu la monnaie de réserves et d’échanges sur le plan International, ce qui lui confère un avantage énorme. Les récents déboires des Banques européennes, comme BNP Paribas, qui ont été lourdement taxées pour ne pas avoir suivi les règles, édictées par les USA, illustrent cette domination. De même, l’Argentine est soumise à un diktat américain concernant sa dette, au risque de l’acculer à la faillite. Quiconque chercherait à mettre en question la suprématie financière US, et la domination du dollar, peut s’attendre à des réactions violentes.

Depuis un certain temps, la Russie cherche à s’émanciper de cette tutelle : d’une part elle achète des quantités croissantes d’or pour consolider sa monnaie et, d’autre part, elle multiplie les occasions de commercer avec l’étranger avec d’autres monnaies que le dollar. Cette insoumission est considérée comme impardonnable à Washington et à New-York. Il faut donc isoler la Russie et la mettre sur le banc des accusés. Dans une précédente chronique nous avons déjà montré comment les USA avaient encerclé la Russie en installant des bases dans les pays limitrophes (L’AMERIQUE SE CHERCHE UN ENNEMI).

La « révolution » ukrainienne a été largement financée par les USA et continue de l’être, dans

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une stratégie de provocation, destinée à obliger la Russie à réagir et à riposter, afin de pouvoir la mettre sur le banc des accusés. L’annexion de la Crimée, devenue inévitable, sert merveilleusement cette politique de la provocation. La deuxième étape consistant à ameuter la communauté internationale et, en particulier, l’Europe pour faire condamner la Russie et si possible mettre en place des sanctions dans le but de l’affaiblir et même éventuellement, la pousser à intervenir militairement. Nous en sommes là pour l’instant.

Mais, puisque les Etats-Unis et l’Europe se considèrent comme des régimes démocratiques, il convient de mettre en place une tactique spécifique pour atteindre les buts stratégiques, c’est-à-dire obtenir l’assentiment du peuple. Il faut donc laisser supposer que l’ennemi désigné est dangereux, malhonnête et agressif. C’est exactement la même tactique éculée qui a été utilisée pour attaquer l’Irak. C’est là qu’intervient un processus bien connu en psychologie et que l’on peut appeler « l’esprit de groupe ». Si les gouvernements désignent la Russie comme étant un ennemi dangereux, il devient inconvenant d’adopter un point de vue différent ou même de dire que les torts sont peut-être partagés, au risque d’être désigné comme un traitre !

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 Nous pouvons observer actuellement les faiseurs d’opinions à l’œuvre : média, gouvernements et représentants militaires occidentaux martèlent sans cesse à nos oreilles qu’il convient de sévir contre la Russie. Il finit par se former un consensus, répété à l’infini par tous les autres qui n’ont pas nécessairement réfléchi au processus en cours et à la manipulation dont ils sont l’objet. Il se forme une sorte d’égrégore, c’est-à-dire une force psychique autonome qui conduit à une exaltation collective irrationnelle de caractère émotif. Cet égrégore est alimenté par ceux qui s’appuient sur la peur pour obtenir notre assentiment. Lorsque le peuple a peur, de façon irréfléchie, il est prêt à aliéner son libre arbitre au profit de ceux qui prétendent le défendre. Ce phénomène est observable tous les jours, par exemple, dans la relation du malade vis-à-vis du pouvoir médical.

Il faut se souvenir que presque toutes les guerres ont été déclarées avec l’assentiment de la population, parce que l’opinion publique a été dominée par cette émotion collective sous forme d’égrégore. La situation financière de l’Amérique est aujourd’hui aussi préoccupante que celle de l’Union Soviétique avant son effondrement. Chacun sait que lors des crises internes, les gouvernants critiqués et impopulaires sont tentés de rassembler le peuple en le menant à la guerre, hors de ses frontières. Le président Obama, jugé trop faible par une large portion des citoyens américains, peut être tenté de prouver le contraire en faisant agir la force armée.

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 Il est clair que la volonté américaine est d’établir un monde unipolaire, répondant aux critères définis par la super-puissance des Etats-Unis. Selon la célèbre définition prononcée par Brzezinski, un ancien conseiller à la Maison Blanche : « Ce qui est bon pour l’Amérique est forcément bon pour le reste du monde ». L’Europe aurait grand tort de se laisser entrainer dans cette spirale, elle y a tout à perdre. En outre, n’oublions pas qu’en cas de confrontation avec la Russie, c’est l’Europe qui est aux avant-postes.

 

 

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